C’est une nouvelle étape dans le renforcement des liens économiques entre l’Europe et l’Afrique. À Nairobi, la banque de développement allemande KfW, agissant pour le compte de la République fédérale d’Allemagne, a officialisé son entrée au capital d’ATIDI (African Trade and Investment Development Insurance). Cette prise de participation fait de l’institution allemande le 13ᵉ actionnaire de ce mécanisme panafricain spécialisé dans la couverture des risques liés au commerce et à l’investissement sur le continent.
L’opération a été matérialisée par la signature d’un accord de souscription lors d’une rencontre entre la direction générale d’ATIDI et la ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement, Reem Alabali Radovan. Elle s’inscrit dans la volonté affichée de Berlin de consolider son partenariat économique avec l’Afrique, dans un contexte de recherche accrue de sécurisation des investissements internationaux.
La KfW a injecté 32 millions de dollars pour devenir actionnaire de catégorie D2, un statut réservé aux agences de crédit à l’exportation et aux entités publiques non africaines. Sur ce montant, 18,4 millions proviennent du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), tandis que 13,6 millions sont financés directement par la banque de développement. Cette position lui ouvre un accès aux instances de gouvernance d’ATIDI, avec un rôle accru dans les décisions stratégiques.
Au-delà de cette entrée au capital, la coopération entre les deux institutions ne date pas d’hier. La KfW a déjà mobilisé plus de 100 millions de dollars pour faciliter l’adhésion de plusieurs États africains à ATIDI, contribuant ainsi à élargir sa base financière et sa capacité d’intervention. L’objectif affiché est de réduire les risques perçus par les investisseurs privés et de stimuler les flux d’investissements sur les marchés africains, souvent freinés par l’instabilité politique ou les incertitudes économiques.
Créée en 1948, la KfW est l’un des principaux bras financiers de l’État allemand en matière de développement. Elle intervient dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, les énergies renouvelables, le développement durable et le financement des PME dans les pays émergents. Dans le cadre de ce partenariat, l’institution allemande ambitionne de générer jusqu’à 500 millions de dollars supplémentaires d’échanges commerciaux et d’investissements entre les entreprises allemandes et les économies africaines.
De son côté, ATIDI, fondée en 2001 par plusieurs États africains, s’est imposée comme un acteur clé de la gestion des risques sur le continent. L’institution a déjà facilité plus de 93 milliards de dollars de transactions commerciales et d’investissements. Notée A/Stable par Standard & Poor’s et A2/Stable par Moody’s, elle bénéficie d’une solide réputation financière qui renforce sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux.
L’organisation travaille en partenariat avec plusieurs institutions multilatérales, dont la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Union africaine ou encore le COMESA. Elle propose des solutions d’assurance-crédit, d’assurance-investissement et de couverture des risques politiques, contribuant ainsi à sécuriser les projets dans des environnements jugés sensibles.
Pour les deux partenaires, cette nouvelle étape dépasse le simple cadre financier. Elle vise à créer un pont stratégique entre l’expertise européenne en matière de financement du développement et la connaissance fine des risques africains détenue par ATIDI. L’ambition est de faciliter la mobilisation de capitaux privés vers des secteurs structurants, tout en renforçant les corridors commerciaux et en soutenant la transformation économique du continent.
Selon Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, cette entrée de la KfW marque à la fois une reconnaissance du modèle de l’institution et une opportunité d’élargir les perspectives d’investissement. Pour la KfW, représentée par Christiane Laibach, il s’agit d’un prolongement naturel d’une coopération déjà éprouvée, destinée à améliorer l’attractivité de l’Afrique pour les investisseurs européens et allemands.



