Alain Nkontchou et Cyrille Nkontchou, cofondateurs de Enko Capital
(LVDE) – Cette enveloppe de 100 millions de dollars, soit 56 milliards de FCFA, engagée en 2026 par le fonds d’investissement Enko Capital pour financer une centrale solaire de 724 MW portée par Metalosul, filiale du groupe Omatapalo, vise à renforcer l’accès à l’électricité, notamment en zones rurales, et à accélérer la diversification énergétique du pays.
Dans le paysage énergétique africain en pleine transformation, un nouveau projet d’envergure vient illustrer la montée en puissance des capitaux privés sur le continent. En Angola, Enko Capital, fonds d’investissement fondé par les entrepreneurs camerounais Alain et Cyrille Nkontchou, franchit un cap en injectant 100 millions de dollars dans une infrastructure solaire de grande capacité. Cette opération s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables.
D’une puissance annoncée de 724 mégawatts, la centrale solaire développée par Metalosul, filiale du groupe angolais Omatapalo, figure parmi les projets les plus ambitieux en Afrique australe. Une fois opérationnelle, elle contribuera à alimenter plusieurs provinces du pays, avec une attention particulière portée aux zones rurales encore faiblement desservies. Selon les autorités angolaises, près de 40 % de la population n’a pas un accès stable à l’électricité, ce qui souligne l’importance stratégique de ce type d’infrastructure.
Le montage financier repose sur la stratégie de crédit privé « Impact Credit » d’Enko Capital, qui cible des projets combinant rentabilité et impact environnemental. Une partie de l’électricité produite sera destinée à la compagnie publique, dans le cadre des politiques nationales visant à renforcer l’offre énergétique et à réduire la dépendance aux sources fossiles. L’Angola, historiquement dépendant de l’hydroélectricité et du pétrole, cherche désormais à diversifier son mix énergétique pour sécuriser sa production face aux aléas climatiques.
Pour Enko Capital, cet engagement confirme une orientation stratégique vers le financement d’infrastructures critiques en Afrique. Le fonds, basé à Londres et spécialisé dans la dette privée, gère environ 1,6 milliard de dollars d’actifs et s’impose progressivement comme un acteur clé du financement du segment intermédiaire du marché africain. Son véhicule d’investissement, soutenu notamment par des institutions comme la Société financière internationale et British International Investment, privilégie des projets capables de générer des retombées économiques durables.
Au-delà de ce projet, le groupe multiplie les opérations structurantes sur le continent. En 2025, il a notamment participé à l’acquisition de Société Générale Mauritanie et renforcé sa présence dans le secteur financier africain à travers une prise de participation dans Ecobank. Cette diversification témoigne d’une stratégie visant à combiner investissements industriels et financiers afin de capter les opportunités de croissance sur des marchés en mutation.
Sur le plan sectoriel, cette initiative intervient dans un contexte où les investissements dans le solaire connaissent une forte progression en Afrique. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la capacité solaire du continent pourrait tripler d’ici 2030, portée par la baisse des coûts technologiques et l’appétit croissant des investisseurs privés. Dans ce cadre, le projet angolais apparaît comme un levier structurant pour soutenir la transition énergétique tout en répondant aux besoins croissants des populations et des entreprises.
À travers cette opération, Enko Capital illustre ainsi le rôle croissant des investisseurs africains dans le financement des infrastructures stratégiques. Entre impératifs de rentabilité et enjeux de développement, ces initiatives participent à redessiner le paysage énergétique du continent, en renforçant l’accès à l’électricité et en soutenant la transformation économique des pays africains.



