Dans les régions septentrionales du Cameroun, l’adaptation aux mutations climatiques s’impose désormais comme un impératif pour les acteurs du monde rural. Confronté à une variabilité accrue des saisons et à des perturbations du régime pluviométrique, le secteur agricole cherche à mieux anticiper les cycles de production. C’est dans cette perspective que l’Observatoire national sur les changements climatiques a rendu public le calendrier agricole de la campagne 2026 pour la zone soudano-sahélienne.
Selon les projections établies par l’institution, la saison des pluies devrait s’installer de manière progressive entre le début du mois de mai et la fin du mois de juin 2026, avec des variations selon les départements. Dans les zones de Mayo Rey et du Faro, les premières précipitations significatives sont attendues entre le 4 et le 14 mai. Dans les départements de la Bénoué, du Mayo Louti et du Mayo Tsanaga, ainsi que dans le sud du Diamaré, l’installation effective des pluies interviendrait plutôt entre le 12 et le 21 mai.
Plus au sud et au centre du Diamaré, ainsi que dans les départements de Mayo Kani, Mayo Sava et Mayo Danay, le démarrage de la saison pluvieuse est prévu entre le 21 mai et le 1er juin. En revanche, dans le Logone-et-Chari et les zones septentrionales du Diamaré, du Mayo Danay et du Mayo Sava, les pluies ne devraient s’installer qu’entre le 12 et le 22 juin. Cette progression graduelle traduit la complexité du régime climatique dans cette zone agroécologique.
Toutefois, les experts de l’ONACC attirent l’attention sur une possible irrégularité des précipitations. Une séquence sèche, susceptible de durer entre deux et trois semaines, pourrait survenir peu après les premières pluies. Cette interruption temporaire constitue un risque pour les cultures si les semis sont effectués trop tôt, sans consolidation des conditions hydriques.
Face à ces incertitudes, les autorités recommandent aux agriculteurs d’adopter une approche prudente. Il est notamment conseillé de démarrer les semis après au moins trois jours consécutifs de pluies effectives. Ainsi, dans les zones les plus précoces comme le Mayo Rey et le Faro, les semis sont recommandés entre le 7 et le 17 mai. Dans les autres départements du Nord, les périodes s’échelonnent entre la mi-mai et la fin juin, en fonction du calendrier pluviométrique local.
Ce dispositif d’anticipation vise à limiter les pertes agricoles et à optimiser les rendements dans une région particulièrement vulnérable aux chocs climatiques. En fournissant des repères précis aux producteurs, l’ONACC entend renforcer la résilience du secteur agricole face aux dérèglements environnementaux.
Dans un contexte où l’agriculture constitue un pilier essentiel de l’économie locale et de la sécurité alimentaire, la diffusion de ce calendrier apparaît comme un outil stratégique. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics d’intégrer les données climatiques dans la planification agricole, afin de mieux sécuriser les campagnes et soutenir les communautés rurales face aux défis du changement climatique.




