Dans un contexte marqué par la montée en puissance du commerce électronique à l’échelle mondiale, les autorités camerounaises multiplient les initiatives pour repositionner les entreprises locales sur les circuits d’échanges internationaux. La signature de cette lettre d’intention avec le Centre du commerce international illustre cette volonté d’accompagner les PME dans leur transition numérique et leur ouverture vers de nouveaux débouchés.
Au cœur de cette coopération figure l’amélioration de l’environnement des affaires, avec un accent particulier sur l’adoption d’outils digitaux et le renforcement de la présence en ligne des entreprises. Il s’agit notamment de faciliter leur accès aux plateformes de vente internationales, tout en leur permettant de mieux structurer leur offre pour répondre aux exigences des marchés extérieurs.
Le dispositif prévoit également un important volet de renforcement des capacités. Les décideurs publics et les acteurs économiques bénéficieront de formations, de conseils techniques et d’échanges d’expertise afin de mieux appréhender les enjeux liés à l’économie numérique. Cette approche vise à doter les institutions et les entreprises des compétences nécessaires pour tirer pleinement parti des opportunités offertes par le e-commerce.
Agence conjointe de l’Organisation mondiale du commerce et des Nations unies, le Centre du commerce international joue un rôle central dans ce partenariat. Son mandat consiste à soutenir la compétitivité des PME dans les pays en développement. Selon ses données, ces entreprises représentent plus de 90 % du tissu économique mondial et contribuent à près de 50 % du produit intérieur brut dans de nombreux pays émergents, mais leur accès aux marchés internationaux demeure limité.
Au Cameroun, cette initiative s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale de développement du commerce électronique portée par le ministère du Commerce. Celle-ci vise à identifier les filières à fort potentiel exportateur, notamment l’agroalimentaire, l’artisanat et certains services, susceptibles de bénéficier des opportunités offertes par le numérique.
Toutefois, plusieurs défis persistent. Le faible niveau de compétences digitales, les insuffisances logistiques et les contraintes liées aux solutions de paiement transfrontalier freinent encore l’essor du e-commerce. D’après des analyses de la Banque mondiale, l’Afrique ne représente qu’environ 2 à 3 % du commerce électronique mondial, malgré une croissance rapide de l’usage d’internet et du mobile.
Pour y remédier, le partenariat prévoit un accompagnement technique et institutionnel, ainsi qu’une adaptation du cadre réglementaire afin de stimuler l’innovation et favoriser l’inclusion numérique. L’ambition affichée est de permettre aux PME camerounaises de mieux s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales, en s’appuyant sur les technologies digitales.
En consolidant cette collaboration, le Cameroun entend ainsi transformer le e-commerce en véritable moteur de croissance et d’exportation, tout en renforçant la compétitivité de son tissu entrepreneurial dans un environnement économique de plus en plus digitalisé.



