La relance est désormais actée. Le 17 mars 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a publié un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour soutenir la cotation de quatre entreprises de la sous-région. Portée par le Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale (PAMFUAC), cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie de développement du marché boursier régional.
L’institution monétaire mobilise à cet effet une enveloppe de 223 780 dollars, soit environ 143 millions FCFA, destinée à prendre en charge une partie des coûts d’introduction en bourse. Ces frais concernent notamment les commissions de la COSUMAF et de la BVMAC, ainsi que les honoraires liés à l’accompagnement juridique et à la certification des comptes. En réduisant ces charges initiales, la BEAC cherche à lever l’un des principaux obstacles à la cotation des entreprises locales.
Financé par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds d’appui au secteur privé africain (FAPA), ce programme s’inscrit dans une dynamique de diversification des sources de financement des entreprises. Les sociétés candidates devront présenter des états financiers certifiés sur trois ans, détailler leur gouvernance et démontrer leur engagement en matière de responsabilité sociétale. En contrepartie, elles s’engagent à procéder à un appel public à l’épargne et à faire coter leurs titres à la BVMAC avant le 30 avril 2026.
Cette relance intervient dans un contexte de faible dynamisme du marché actions en Afrique centrale. Depuis l’unification des marchés en 2019, seules deux entreprises ont rejoint la cote, révélant des freins persistants liés à la gouvernance, à la transparence et à la réticence de certains dirigeants à ouvrir leur capital.
À ces contraintes s’ajoute la forte attractivité du marché des titres publics, qui capte une grande partie de l’épargne disponible, au détriment du financement du secteur privé. Ce déséquilibre limite le développement d’un marché boursier capable de jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie.
En relançant ce mécanisme, la BEAC et ses partenaires ambitionnent d’insuffler une nouvelle dynamique à la BVMAC. L’objectif est d’encourager les entreprises à recourir davantage au marché des capitaux, de renforcer leur transparence et de soutenir une croissance économique plus diversifiée et durable dans la sous-région.
Tressy Chouente



