Douala. Pendant près de vingt ans, le principal appontement pétrolier du Port de Douala-Bonabéri est resté silencieux. Endommagée à la suite d’un accident de navire, cette infrastructure stratégique avait contraint les opérateurs à recourir à des installations provisoires, limitant les capacités de réception des cargaisons et alourdissant les coûts logistiques.
Trois années de travaux auront finalement permis de remettre l’ouvrage en service. Le 28 avril 2021, le Port autonome de Douala (PAD) inaugure officiellement le nouvel appontement pétrolier, présenté comme l’un des projets majeurs du programme de modernisation engagé par l’entreprise publique.
Au-delà de la remise en état d’un ouvrage, le projet répond à un enjeu de souveraineté énergétique. « Après vingt ans, on peut se satisfaire d’avoir enfin inauguré l’appontement pétrolier qui va désormais servir à la SCDP pour accélérer le déchargement des produits pétroliers. C’est un événement très important », souligne le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o.
Conçu pour accueillir des navires plus imposants, le nouvel équipement marque une rupture avec les installations provisoires utilisées jusque-là. Dimensionné pour recevoir des tankers de la catégorie du MT Libor, avec un tirant d’eau de 8,5 mètres, il peut désormais traiter des navires transportant jusqu’à 20 000 tonnes métriques, contre 14 000 tonnes auparavant.
Située à environ 80 mètres du terre-plein, la plateforme est équipée de bras de déchargement de dernière génération et d’un réseau de cinq conduites de 8 à 10 pouces de diamètre, reliant directement l’appontement à la chambre à vannes de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP).
Cette modernisation se traduit par un gain opérationnel significatif. Grâce à un débit de pompage estimé à 600 mètres cubes par heure, les opérations de déchargement sont réalisées près de 30 % plus rapidement, réduisant d’autant le temps d’occupation des quais par les navires.
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Cette amélioration de la fluidité logistique produit également des effets économiques. La diminution du temps d’escale permet de réduire les surestaries, ces pénalités financières supportées lorsque les navires restent immobilisés au-delà des délais contractuels.
« Le Trésor public paie en moyenne près de 11 milliards de francs CFA de surestaries. Avec la réduction du temps de planche des navires et la future construction d’un deuxième pipeline, nous ambitionnons de ramener ces coûts à un niveau quasiment nul », explique le directeur général de la SCDP.
Depuis sa remise en exploitation, l’appontement pétrolier assure des opérations de manutention dans des conditions de sécurité renforcées, limitant les risques d’accident qui avaient marqué la période d’indisponibilité de l’ouvrage.
Partenaire du projet, la SCDP s’appuie désormais sur cette infrastructure modernisée pour assurer la réception, le stockage et la distribution des produits pétroliers destinés au marché national.
Pour le Port autonome de Douala, cette réalisation illustre la stratégie conduite depuis dix ans : moderniser les infrastructures critiques afin d’améliorer la performance logistique, de renforcer la sécurité des opérations et de consolider le rôle du port comme principal hub d’approvisionnement énergétique du Cameroun.
Fabrice Tatisson



