La décision prise par les autorités gabonaises marque un nouveau tournant dans la régulation du secteur de la microfinance dans le pays. À Libreville, le ministère de l’Économie et les instances de supervision bancaire ont procédé au retrait des agréments des dirigeants de Cofina Gabon et d’Amifa, deux acteurs importants du financement de proximité. Cette mesure, annoncée à la suite d’un audit des conditions d’exercice managérial, s’inscrit dans un effort plus large d’assainissement du système financier national.
Selon les autorités monétaires de la zone CEMAC, cette décision découle d’un contrôle de conformité portant sur la gouvernance interne, la transparence des procédures et le respect des normes prudentielles. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), organe de régulation régional, rappelle régulièrement que l’agrément des dirigeants d’établissements financiers repose sur des critères stricts de compétence, d’intégrité et de capacité de gestion. Le retrait de ces autorisations ne remet pas en cause l’existence des institutions concernées mais impose une réorganisation de leur direction.
Dans le cas de Cofina Gabon et d’Amifa, les établissements restent opérationnels. Les activités de crédit et d’épargne se poursuivent, sous réserve de la désignation de nouveaux dirigeants validés par les autorités compétentes. Cette nuance est essentielle dans un secteur où la confiance des clients repose fortement sur la stabilité institutionnelle. Les autorités insistent sur le fait qu’il s’agit d’une mesure corrective et non d’une sanction de fermeture, dans un contexte où la microfinance représente un levier majeur d’inclusion financière pour les populations non bancarisées.
Le secteur de la microfinance au Gabon, comme dans plusieurs pays d’Afrique centrale, connaît une croissance soutenue portée par la demande en services financiers de proximité. Toutefois, cette expansion s’accompagne de défis structurels liés à la gestion des risques, à la qualité de la gouvernance et au respect des normes de contrôle interne. Les régulateurs multiplient ainsi les opérations de supervision afin de prévenir les dérives et d’éviter toute fragilisation du système financier.
Pour les autorités gabonaises, cette décision s’inscrit dans une stratégie de restauration de la crédibilité du secteur financier et de protection des déposants. Le retrait des agréments des dirigeants est perçu comme un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs : la conformité réglementaire n’est pas optionnelle mais constitue une condition essentielle d’exercice. Cette rigueur vise également à rassurer les investisseurs et partenaires techniques sur la solidité du cadre financier national.
À plus long terme, cette opération de régulation pourrait accélérer la professionnalisation du secteur de la microfinance au Gabon. En renforçant les exigences de gouvernance et en imposant une plus grande transparence, les autorités cherchent à structurer un écosystème financier plus résilient, capable de soutenir durablement les petites et moyennes entreprises ainsi que les ménages à faibles revenus, dans un contexte économique encore marqué par des fragilités structurelles.



