Sur le chantier emblématique de la Falaise de Dschang, les équipes techniques franchissent une phase déterminante du projet de réhabilitation. Le 11 mai 2026, l’entreprise CFHEC a engagé les opérations préalables à la mise en place de la couche de roulement, ultime niveau de la structure de chaussée, dont la qualité conditionnera la durabilité de l’ouvrage et le confort de circulation.
Sur le terrain, cette étape technique s’appuie sur une série de contrôles et d’ajustements rendus nécessaires par les conditions climatiques. Les pluies récurrentes observées dans la zone ont contraint les ingénieurs à reprendre localement la couche de base afin de garantir une homogénéité optimale du support. Des opérations d’imprégnation sablée ont été réalisées pour renforcer l’adhérence entre les différentes strates de la chaussée, accompagnées d’essais géotechniques destinés à évaluer la portance réelle de la plateforme avant la pose des enrobés.
Parallèlement, les travaux de protection de l’ouvrage se poursuivent. Le coulage de béton au niveau des enrochements situés à la sortie du dalot 2×2 permet de sécuriser les zones sensibles exposées à l’érosion hydrique. Le curage du dalot et l’entretien de la voie de contournement ont également été intensifiés afin de maintenir la fluidité du trafic, un enjeu majeur sur cet axe où transitent quotidiennement des flux importants de marchandises et de voyageurs.
Sur un autre segment du chantier, la stabilisation des talus progresse avec la poursuite des opérations de végétalisation, notamment par la plantation de bambous de Chine du côté de Santchou. Cette solution biologique vise à limiter les risques d’éboulement et à renforcer la tenue des sols dans une zone connue pour sa forte instabilité géologique.
Démarré en mars 2025, le projet de reconstruction de la Falaise de Dschang est financé par le Budget d’Investissement Public dans un contexte marqué à la fois par des contraintes climatiques et des ajustements financiers. Selon les données du ministère des Travaux publics, les axes routiers de montagne représentent près de 15 % des zones à haut risque d’instabilité structurelle dans le réseau national, ce qui explique le niveau élevé d’exigence technique appliqué à ce chantier.
L’avancement actuel des travaux laisse entrevoir une entrée progressive dans la phase de finition, avec pour objectif final la réouverture complète et sécurisée de cet itinéraire stratégique de la région de l’Ouest. Cette route constitue en effet un corridor essentiel pour les échanges entre les zones agricoles de l’Ouest et les grands centres urbains du pays.
Pour les ingénieurs, la mise en œuvre de la couche de roulement représente ainsi une étape charnière, conditionnée par la rigueur des contrôles techniques et la maîtrise des aléas climatiques, dans un chantier considéré comme l’un des plus complexes du réseau routier camerounais.



