Pour les transporteurs et les négociants, la Nationale 5 est devenue un goulet d’étranglement. Entre Douala et Bafoussam, un trajet autrefois bouclé en trois à quatre heures peut désormais prendre dix à onze heures. Chaussée défoncée, érosion et affaissements ralentissent les camions et renchérissent les livraisons. Certaines agences de voyages privilégient des détours par Dschang ou Bangangté.
Après deux années de discussions, le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey et le président de la Banque islamique de développement (BID), Muhammad Al Jasser, ont signé un accord de 212,35 millions d’euros, soit environ 139,2 milliards FCFA. La cérémonie s’est tenue à Bangkok, en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, onze jours après l’autorisation présidentielle.
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Le financement concerne plus de 217 kilomètres de la Nationale 5, de Bekoko au pont du Nkam puis à l’échangeur de Bandjoun. S’y ajoutent 108 kilomètres de routes de desserte, notamment Loum-Solé-Yabassi et Bafang-Nkondjock. Ces connexions doivent faciliter l’accès des producteurs et commerçants aux marchés et au corridor reliant le port économique de Douala aux villes de l’Ouest.
L’État camerounais prévoit une contrepartie de 10 %, évaluée à 17,6 milliards FCFA, sur son budget d’investissement public. Les travaux seront répartis en plusieurs lots, avec un démarrage espéré au premier trimestre 2027, après les procédures de passation des marchés. Le financement signé ne vaut donc pas ouverture immédiate du chantier.
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Au-delà des nids-de-poule, l’enjeu touche la sécurité et la compétitivité. Les dégradations sont particulièrement signalées entre Mbanga, Loum et le Haut-Nkam ; les accidents y nourrissent l’inquiétude des usagers. Pour les entreprises, chaque heure perdue immobilise véhicules, marchandises et trésorerie. La remise à niveau de l’axe pourrait réduire ces surcoûts, à condition d’assurer entretien et contrôle des charges.
Lors des échanges, la BID a aussi demandé d’accélérer l’exécution des projets déjà approuvés. Son prochain cadre d’engagement avec le Cameroun, couvrant 2027-2030, devrait cibler notamment transports, agriculture, énergie, eau, santé et éducation. Pour les opérateurs économiques, le véritable indicateur sera désormais le passage des signatures aux travaux, puis à une circulation régulière.
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Esther Grace



