Dieudonné Evou Mekou., President de la BDEAC
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) change d’échelle dans sa stratégie de financement. Le 13 octobre, elle a levé 222 millions de dollars, soit près de 131 milliards de FCFA, lors de sa première émission obligataire internationale. Annoncée le lendemain à Brazzaville, l’opération offre un coupon annuel de 7,88 % en euros après couverture du risque de change euro-dollar et arrive à échéance en octobre 2029.
Jusqu’ici, la banque sollicitait surtout le marché régional : 106,8 milliards de FCFA levés en 2020, 114,9 milliards en 2021 et 110,9 milliards en 2022. En 2024, une émission en trois tranches avait rapporté près de 54,8 milliards, avec des coupons de 4,70 % à 6,20 %. La nouvelle opération diversifie ses créanciers, avec un coupon supérieur aux taux affichés en 2024, même si les formats et conditions diffèrent.
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Les 222 millions de dollars représentent près de 15 % de la surface bilantielle de la BDEAC, selon l’institution. Les ressources doivent accélérer les financements d’infrastructures, d’agriculture, d’agro-industrie et d’industrie dans les six pays de la CEMAC. Elles s’inscrivent dans le plan stratégique 2023-2027 « AZOBE », doté d’une ambition de plus de 1 700 milliards de FCFA. Pour les entreprises, l’enjeu sera la transformation de ces fonds en prêts et investissements soutenant la production, les chaînes de valeur et l’intégration régionale.
L’Africa Finance Corporation (AFC) a joué le rôle d’investisseur d’ancrage. L’opération suit la confirmation, le 25 septembre 2026, de la note « Ba3 » avec perspective stable de Moody’s, obtenue pour la première fois en novembre 2025. Cette note reste spéculative, signalant un risque de crédit plus élevé que celui des émetteurs « investment grade », sans fermer l’accès aux capitaux internationaux.
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En contrepartie, la BDEAC renforce ses engagements de transparence : conférences semestrielles avec les investisseurs et publication de données sur le portefeuille de prêts, la liquidité, les financements et le soutien des actionnaires. Ces rendez-vous permettront aux créanciers de suivre les risques et l’utilisation des fonds. À long terme, la banque vise une notation « investment grade », qui dépendra de la solidité de ses comptes, de sa liquidité et de ses actifs et de ses engagements envers les créanciers.
Tressy Chouente



