Les ruptures de carburant ne se limitent plus aux files d’attente dans les stations-service. Pour les entreprises congolaises, elles entraînent surcoûts, retards et tensions de trésorerie. Selon la DGE, 30,4 % des répondants estiment que ces pénuries menacent leur équilibre financier, tandis que 43 % supportent des charges supplémentaires qui grignotent leurs marges. Industrie, commerce, transports et services sont concernés.
Le gasoil est le produit le plus difficile à obtenir : plus des deux tiers des dirigeants interrogés le signalent. Son indisponibilité perturbe le transport des marchandises et l’alimentation des groupes électrogènes utilisés pour compenser les coupures d’électricité. À Brazzaville comme à Pointe-Noire, cette dépendance complique la continuité des opérations.
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Plus de la moitié des entreprises font état d’une forte hausse de leurs charges, notamment lorsqu’elles achètent du carburant sur le marché parallèle. Près de 46 % signalent des ralentissements ou des arrêts partiels d’activité. Les retards de livraison et les difficultés de déplacement du personnel fragilisent aussi les relations avec clients et fournisseurs, avec un risque de perte de chiffre d’affaires.
Les tensions favorisent aussi les pratiques irrégulières : 62,7 % des dirigeants interrogés signalent des ventes clandestines et de la surfacturation. Les opérateurs évoquent un manque d’anticipation, des contraintes logistiques et les tensions des marchés internationaux. L’acheminement des produits pétroliers entre Pointe-Noire et Brazzaville constitue un maillon sensible de la distribution.
Pour limiter les ruptures, plus de la moitié des répondants préconisent la constitution de stocks stratégiques. D’autres réclament un approvisionnement prioritaire des activités essentielles et une amélioration des circuits logistiques. L’objectif : réduire les achats d’urgence, contenir les coûts et préserver les marges. La régularité du carburant apparaît ainsi comme une condition de continuité pour un secteur privé dont la trésorerie est sous pression.
La DGE ne chiffre pas à ce stade le coût global de ces perturbations ni leur incidence sur le chiffre d’affaires. Ces pourcentages concernent les entreprises enquêtées et ne peuvent être extrapolés à tout le tissu économique, à l’échelle nationale.
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S.N.



