Le 3 novembre, à Libreville, les actionnaires de Ragasel S.A. devront se prononcer sur l’avenir de la Raffinerie gabonaise de sel et dérivés. Selon plusieurs médias, les pertes atteignent 976 millions de FCFA et une annonce légale publiée le 12 octobre a conduit à convoquer une assemblée générale. Les options vont de la poursuite à la restructuration ou à la dissolution anticipée. Aucune liquidation n’a toutefois été annoncée à ce stade.
Le déficit représente la moitié du capital social, fixé à 1,952 milliard de FCFA. L’article 664 de l’Acte uniforme OHADA sur les sociétés commerciales prévoit une consultation des associés lorsque les capitaux propres tombent sous la moitié du capital. Cette procédure impose de statuer sur la continuité de l’entreprise, sans signifier à elle seule que la faillite est prononcée.
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Pour dégager des liquidités, la direction envisage la vente d’un immeuble de la société. Mais cette cession ne garantirait pas un redressement durable : une restructuration et de nouveaux apports figurent aussi parmi les pistes évoquées. Les comptes détaillés, les charges et les volumes produits ne sont pas publiés dans les sources consultées.
Créée à Libreville en 2004, Ragasel raffine et conditionne du sel brut importé. Présentée comme l’unique raffinerie de sel du Gabon, elle représente un maillon de la transformation locale. Sa fragilisation pourrait accroître la place des produits finis importés, dans un marché où la concurrence vient notamment du Sénégal, du Cameroun, du Maroc et d’Europe.
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La gouvernance ajoute une dimension au dossier. Direct Infos Gabon indique que Delta Synergie détiendrait 29,1 % du capital et rappelle que cette holding a fait l’objet d’un audit gouvernemental annoncé en 2024. Les informations consultées n’établissent toutefois aucun lien direct entre cet audit et les pertes de Ragasel. Les actionnaires devront préciser les moyens mobilisables pour sauver l’entreprise. La décision dépendra de leur capacité à financer un plan crédible de redressement.
Sorelle Ninguem



