Le projet de dissolution de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) est suspendu. Le 8 octobre, le Conseil des ministres a constaté la caducité des ordonnances du 26 février 2026 prévoyant son remplacement par la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG). Faute de ratification, ces textes sont sans effet. La SAEG demeure le support juridique de l’intervention de l’État, mais n’a plus d’organe de direction.
Pour préserver les actifs publics, l’administration provisoire est confiée au directeur général de l’Agriculture pour 90 jours au maximum, sans rémunération supplémentaire. Il devra sécuriser le patrimoine, mener un audit et conduire une revue stratégique. Le gouvernement a ordonné le paiement urgent d’un premier tiers des arriérés de salaires de la SAEG et d’AGROPAG ; le solde suivra un échéancier à définir. Le montant total des impayés n’a pas été communiqué.
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En février, AGROPAG devait réorganiser l’action publique dans les filières agricoles et pastorales. Ses missions prévoyaient la valorisation des terres, la création de pôles de production, l’accompagnement des producteurs et le développement de la transformation et de la commercialisation locales. L’objectif était de soutenir l’emploi rural et la sécurité alimentaire. La caducité des ordonnances remet cette architecture en question.
Créée par ordonnance en 2024, la SAEG avait succédé à la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader). Ses activités auraient été freinées par des moyens logistiques limités et des retards de financements publics. Son dirigeant avait évoqué une dizaine de conteneurs et trois camions pour transporter des bovins, jugés insuffisants. L’audit devra préciser l’état des actifs, les engagements des deux entités et les conditions d’une relance.
L’enjeu est alimentaire : le Gabon dépend des importations pour environ 60 % de ses besoins, pour une facture annuelle estimée à plus de 450 milliards FCFA. Réduire cette dépendance suppose des investissements, une logistique adaptée et des financements réguliers. Les 90 jours d’administration provisoire devront clarifier l’avenir de la SAEG et le rôle de l’État dans les filières locales.
Sorelle Ninguem



