Douze ans après les premières études, le Complexe industriel agroalimentaire de Kaélé (CIAK) n’est pas concrétisé. Dans un communiqué du 8 octobre 2026, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a lancé la recherche de partenaires pour réaliser cette infrastructure dans le Mayo-Kani. Aucun investisseur ni calendrier de réalisation n’a été annoncé.
Le coût prévisionnel s’élève à 23,2 milliards FCFA. Elle couvre aménagements, bâtiments, équipements, lignes de transformation et fonds de roulement. Le montage financier reste à préciser. En 2023, le ministère avait déjà lancé une procédure pour recruter un consultant chargé de rechercher un investisseur. La nouvelle annonce prolonge donc une démarche engagée depuis plusieurs années, alors que le complexe n’est toujours pas sorti de terre.
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Le programme prévoit de transformer chaque année 30 000 tonnes de sorgho, 15 000 tonnes de maïs, 20 000 tonnes d’oignons et 8 000 tonnes de viandes bovines et de petits ruminants, soit 73 000 tonnes au total. Le projet vise à créer des débouchés et à limiter les pertes après récolte. Le sorgho intéresse notamment les brasseries, tandis que l’oignon est une production majeure du septentrion camerounais.
Les industriels constituent un débouché potentiel. Boissons du Cameroun avait annoncé un objectif de collecte de 12 000 tonnes de sorgho local en 2025, après 8 000 tonnes en 2024. La filière viande reste exposée aux aléas climatiques, sanitaires et logistiques. Le complexe pourrait rapprocher les bassins agricoles des unités de transformation, mais ses retombées dépendront des contrats d’approvisionnement, des moyens de collecte et de débouchés commerciaux réguliers.
Le dossier remonte à 2014, lorsque quatre appels à manifestation d’intérêt avaient été lancés pour des études géotechniques, architecturales, d’équipement et de faisabilité. En 2020, l’État recherchait déjà un investisseur ; en 2023, il préparait la sélection d’un consultant pour structurer cette démarche. Ces démarches successives n’ont pas encore débouché sur la réalisation. La prochaine étape sera d’identifier un partenaire capable de mobiliser les capitaux et d’assurer l’exploitation du complexe sur la durée.
Esther Grace



