À Nachtigal, le partenariat énergétique entre le Cameroun et l’Europe change d’échelle. Le 6 octobre, l’ambassadrice de l’Union européenne au Cameroun, Veronika Boskovic-Pohar, a choisi l’aménagement hydroélectrique pour sa première visite sur le site. À ses côtés, les ambassadeurs d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne, de France et d’Italie, ainsi que les ministres camerounais de l’Énergie, de l’Économie et des Finances. Une présence diplomatique et gouvernementale qui traduit le poids stratégique accordé à cette infrastructure de 420 MW.
Derrière Nachtigal se trouve en effet un montage qui réunit industriels, État et institutions financières. Le projet a été développé par EDF, la Société financière internationale (SFI), Africa50, STOA et le gouvernement camerounais, avec l’appui financier notamment de la Banque européenne d’investissement (BEI), de l’Agence française de développement (AFD), de Proparco, de DEG et de FMO. Cette mobilisation européenne constitue aujourd’hui l’un des fondements du modèle que les partenaires souhaitent prolonger.
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Achevé en mars 2025, l’aménagement fournit une électricité renouvelable et bas carbone destinée à renforcer la sécurité énergétique du pays. Mais pour les entreprises, son intérêt se mesure surtout à ses effets potentiels sur l’activité économique. Une électricité plus fiable doit permettre de sécuriser la production, soutenir l’industrialisation, favoriser de nouveaux investissements et contribuer à la création d’emplois.
« Plus d’énergie fiable, c’est plus d’investissements, plus d’activité économique et davantage d’emplois créés pour les jeunes », a déclaré Veronika Boskovic-Pohar. Cette équation résume l’ambition désormais attachée à Nachtigal : faire de cette infrastructure non seulement une réponse aux besoins électriques actuels, mais aussi un point d’appui pour les futurs projets énergétiques du Cameroun.
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La prochaine séquence est déjà en préparation. L’Union européenne, la BEI, l’AFD et Expertise France travaillent avec les autorités camerounaises sur une nouvelle phase d’appui au secteur. Les discussions portent notamment sur la performance du système électrique, la gouvernance financière, la réduction des pertes et les infrastructures prioritaires de transport d’électricité. L’objectif est de rendre l’énergie produite davantage accessible aux entreprises et aux ménages.
Pour les partenaires européens, Nachtigal peut ainsi servir de référence. L’Union européenne, ses États membres, leurs entreprises et les institutions financières associées se disent prêts à accompagner de nouvelles infrastructures stratégiques, notamment hydroélectriques, à condition que soient réunies les conditions de pérennité du secteur et de viabilité des investissements.
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C’est là que Nachtigal prend une dimension particulière. Son financement a démontré la possibilité de réunir autour d’un même projet l’État camerounais, un industriel comme EDF, des investisseurs privés et des institutions financières européennes et internationales. Cette architecture pourrait désormais être mobilisée pour d’autres projets nécessaires au développement du système électrique.
À l’approche de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, cette dynamique prend également une dimension internationale. L’Union européenne veut accélérer le déploiement d’énergies propres, renouvelables et produites localement. Elle encourage notamment le Cameroun à prendre part à « Electrify Now », plateforme réunissant gouvernements, industriels et partenaires financiers autour de l’accélération de l’électrification propre.
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Nachtigal devient ainsi davantage qu’une centrale de production. Pour le Cameroun et ses partenaires européens, l’aménagement constitue désormais un point d’appui pour préparer la prochaine génération d’infrastructures énergétiques. L’enjeu sera de transformer cette première expérience en nouveaux projets capables d’alimenter les entreprises, de soutenir l’industrialisation et d’attirer davantage de capitaux dans le secteur électrique camerounais.
Anatole Bidias



