Douala. Lorsque le Port autonome de Douala (PAD) reprend officiellement les commandes du terminal à conteneurs au terme de la concession de Douala International Terminal (DIT), le défi est immense. Le 1er janvier 2020, l’entreprise publique hérite d’une infrastructure vieillissante, confrontée à des équipements obsolètes, des capacités limitées et des performances jugées insuffisantes.
Conformément aux dispositions prévues dans le contrat de concession arrivé à échéance le 31 décembre 2019, le PAD confie l’exploitation du terminal à la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), nouvel opérateur chargé d’assurer la continuité des activités tout en pilotant un vaste programme de modernisation.
« Nous avons hérité d’un terminal dont les infrastructures étaient délabrées, les équipements obsolètes, les procédures informatiques archaïques, avec un trafic en berne et une capacité de stockage limitée. Le rendement de la concession n’était pas optimisé », rappelle la direction de la RTC.
L’entreprise engage alors une stratégie articulée autour de trois axes : assurer la continuité des opérations, moderniser les installations existantes et accroître les capacités d’exploitation afin de répondre à la progression du trafic conteneurisé.
Entre 2020 et 2026, plusieurs investissements structurants sont réalisés. Les espaces de stockage et de manutention sont entièrement rénovés tandis que le parc d’équipements est considérablement renforcé avec l’acquisition de 20 tracteurs portuaires, de deux portiques de quai et de huit portiques de parc, destinés à améliorer la productivité des opérations.
Cette dynamique se poursuit avec la construction du quai 17, appelée à renforcer les capacités d’accueil du terminal grâce à 250 mètres linéaires supplémentaires de quai. Le projet comprend également l’aménagement de 7,9 hectares de terre-pleins arrière ainsi que la création de 1 200 mètres linéaires de voies dédiées aux portiques automatisés sur pneus (RTG).
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Parallèlement aux infrastructures opérationnelles, le PAD investit dans l’amélioration des conditions de travail de ses collaborateurs. Depuis avril 2025, un immeuble administratif moderne de six niveaux (R+6) est en construction pour accueillir les équipes de la RTC. Édifié sur une emprise de 1 440 m², le bâtiment pourra recevoir entre 300 et 700 collaborateurs dans un environnement répondant aux standards internationaux.
Au-delà des réalisations physiques, la reprise en régie produit également des résultats financiers. Entre 2020 et 2025, la RTC enregistre un chiffre d’affaires cumulé de 277 milliards de francs CFA, avec une progression continue, passant de 49,8 milliards de francs CFA lors de sa première année d’exploitation à plus de 60 milliards de francs CFA en 2025.
Cette performance est obtenue dans un contexte particulièrement exigeant, marqué par la pandémie de Covid-19 puis par les tensions géopolitiques qui ont perturbé les chaînes logistiques mondiales.
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Fort de cette dynamique, le PAD souligne que l’ensemble des investissements réalisés par la RTC, représentant plus de 44 milliards de francs CFA, a été financé sur fonds propres, grâce aux ressources générées par l’exploitation et à la mobilisation de l’expertise nationale.
Pour le Port autonome de Douala, cette transformation du terminal à conteneurs illustre l’un des principaux acquis de la décennie de réformes. En modernisant cet outil stratégique, l’entreprise entend renforcer durablement la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri et consolider son rôle de plateforme logistique de référence en Afrique centrale.
Fabrice Tatisson



