Le marché camerounais de l’immobilier entre dans une nouvelle phase de contrôle. Fin août, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) a suspendu les cartes professionnelles de 28 sociétés dont les autorisations étaient arrivées à expiration. Officialisée le 28 août 2026, la mesure donne à ces opérateurs un délai de trois mois pour se mettre en conformité, faute de quoi ils seront radiés du répertoire national des agents immobiliers.
Derrière cette opération administrative se dessine un enjeu plus large : remettre de l’ordre dans une activité devenue incontournable dans les grandes villes, mais encore exposée aux pratiques irrégulières, aux litiges fonciers et à l’intervention d’acteurs non agréés. Pour le gouvernement, l’objectif est autant de protéger les usagers que de fiabiliser un marché sur lequel les entreprises structurées doivent composer avec une concurrence difficile à contrôler.
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Le répertoire du MINHDU donne la mesure du chantier. Sur 66 agents immobiliers recensés, seules 24 cartes sont actuellement valides, contre 42 expirées. Les 28 sociétés suspendues ne constituent donc qu’une partie des opérateurs concernés par la remise à niveau engagée par l’administration.
Cinq régions sont concernées. Le Centre arrive en tête avec 12 sociétés, toutes implantées à Yaoundé, devant le Littoral avec 10 opérateurs à Douala. Suivent l’Ouest avec trois sociétés, le Sud-Ouest avec deux et le Nord-Ouest avec une. Parmi les entreprises citées figurent notamment Cieca Consulting, Laina Immobilier, EGI-FAL, Africa Kom’s & Industry, La MIC et Sogesim. À Bamenda, Landlord Miju SARL détient ainsi une carte délivrée le 24 août 2010, désormais expirée.
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Pour les entreprises concernées, la régularisation passe par le renouvellement de la carte professionnelle. La loi de finances 2024 fixe son coût à 500 000 FCFA, contre 1 million de FCFA pour une première délivrance. Le dossier requiert notamment une demande timbrée, l’ancienne carte, les pièces du dirigeant, deux photographies et la preuve de paiement. Le MINHDU annonce un délai indicatif de traitement de quatorze jours.
L’exercice de la profession reste toutefois soumis à des exigences plus lourdes. Les opérateurs doivent notamment disposer d’une garantie financière de 15 millions de FCFA, d’une assurance professionnelle et être inscrits au registre-répertoire. Ils doivent également exercer dans un local approprié et conserver pendant dix ans le registre des versements effectués par leurs clients.
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Le compte à rebours est désormais engagé. Les dirigeants des 28 sociétés doivent retirer leurs notifications auprès de la Direction de l’habitat social et de la promotion immobilière avant de déposer un dossier complet au plus tard en novembre 2026. Au-delà de cette échéance, la radiation est annoncée.
Cette offensive réglementaire pourrait ainsi redessiner le paysage des services immobiliers au Cameroun. Avec 42 cartes expirées encore recensées dans le répertoire national, le mouvement de mise en conformité ne devrait pas s’arrêter aux 28 sociétés déjà suspendues. Pour les opérateurs régulièrement établis, il pourrait aussi constituer un levier de clarification du marché et de restauration de la confiance des clients.
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Amélie Yandal



