(LVDE) – À Libreville, le 1er septembre 2026, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume-Awori Onanga, a appelé le gouvernement à faire du budget 2027 un outil de réponses concrètes aux besoins des Gabonais, notamment en matière d’emploi, de santé, d’éducation et d’infrastructures.
Le budget 2027 s’annonce comme un rendez-vous de vérité pour l’exécutif gabonais. À l’ouverture, le 1er septembre à Libreville, de la deuxième session ordinaire du Parlement, la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume-Awori Onanga, a demandé au gouvernement de placer les urgences socio-économiques au cœur des prochains arbitrages financiers. Derrière les lignes de recettes et de dépenses, elle veut voir des résultats mesurables pour les populations, mais aussi pour les entreprises et les territoires.
La Haute Chambre cible en priorité l’emploi des jeunes, l’amélioration du système de santé, l’éducation, les infrastructures de base, l’accès aux services essentiels et la diversification de l’économie. Une feuille de route qui intervient alors que le Gabon cherche à transformer ses ressources en davantage d’activités productives et d’opportunités économiques. Pour les entreprises, l’enjeu est double : bénéficier d’un environnement public plus performant et trouver, dans l’investissement de l’État, des relais de croissance sur les marchés domestiques.
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Les indicateurs sociaux confirment la pression. La Banque africaine de développement estime que la pauvreté reste élevée et que le chômage demeure particulièrement préoccupant chez les jeunes. Dans ses données les plus récentes, l’institution évalue le taux de pauvreté à 33,1 % en 2025 et le chômage à 20,2 %, dont 36,3 % chez les jeunes. Elle projette parallèlement une croissance de 3 % en 2026 et de 3,1 % en 2027, tirée notamment par la construction, l’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et les services.
L’équation budgétaire sera toutefois serrée. La loi de finances rectificative 2026 a ramené les ressources et charges de l’État à 5 495,2 milliards de FCFA, contre 6 358,2 milliards dans la loi initiale, soit une contraction de 862,9 milliards. Les recettes budgétaires nettes ont été réévaluées à 2 928,2 milliards de FCFA. Le prochain budget devra donc arbitrer entre contraintes financières, investissement public et maintien des dépenses sociales.
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Dans ce contexte, le Sénat attend davantage qu’une progression comptable des crédits. La présidente de la Chambre haute insiste sur la capacité des dépenses publiques à produire des effets tangibles : routes, eau, électricité, écoles, hôpitaux, habitat et agriculture. La réforme de la SEEG illustre cette logique. Le gouvernement prévoit de scinder l’entreprise en deux entités spécialisées, La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon, opérationnelles à compter du 1er janvier 2027, avec l’objectif d’améliorer la gouvernance et la performance des services.
Le défi sera aussi celui de l’exécution. La session parlementaire, consacrée notamment à l’examen du projet de loi de finances 2027, au contrôle de l’action gouvernementale et à l’évaluation des politiques publiques, doit permettre aux sénateurs de jauger la pertinence des dépenses et leur capacité à produire des résultats. Pour les opérateurs économiques, la qualité des infrastructures, la disponibilité de l’énergie, l’accès à l’eau et l’efficacité des services publics constituent autant de conditions de compétitivité.
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Le message du Sénat intervient donc à un moment où le Gabon doit convertir ses choix budgétaires en croissance plus inclusive. Avec une économie appelée à progresser autour de 3 % en 2026-2027, l’enjeu ne sera pas seulement de dépenser davantage, mais de mieux orienter les ressources vers les secteurs capables de créer de l’emploi, soutenir les entreprises et réduire les fractures territoriales. Le budget 2027 devra ainsi démontrer que l’investissement public peut devenir un véritable accélérateur de transformation économique.
Sorelle Ninguem



