Le Gabon renforce son arsenal d’incitations en faveur de la transformation industrielle. À travers sa loi de finances rectificative pour 2026, publiée au Journal officiel le 17 juillet, le gouvernement a abaissé de 10 % à 3 % le taux de TVA applicable à la production et à la commercialisation du fer à béton fabriqué sur le territoire national. Cette réduction, qui contraste avec le taux normal de 18 % appliqué à la majorité des biens, concerne exclusivement la production locale. Libreville entend ainsi stimuler les investissements industriels, réduire les importations de matériaux de construction et accroître la valeur ajoutée créée dans le pays.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par l’arrivée de nouveaux investisseurs dans la sidérurgie. Le groupe camerounais Prometal, leader de la transformation de l’acier en Afrique centrale, a lancé en juillet 2026 la construction de sa première usine au Gabon, dans la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. La première phase du projet mobilise un investissement de 38 milliards de FCFA et prévoit une capacité annuelle de 120 000 tonnes de fer à béton, complétée par la fabrication de tubes, tôles et autres produits sidérurgiques. À terme, l’entreprise ambitionne de transformer le minerai de fer gabonais afin de produire des aciers entièrement fabriqués localement.
Les producteurs déjà présents sur le marché devraient également bénéficier de cet allégement fiscal. Les Aciéries du Gabon, filiale du groupe camerounais Foberd, approvisionnent le marché national en fer à béton depuis 2013. De son côté, SOFERGA poursuit le développement de ses capacités de transformation et de distribution. En renforçant la compétitivité des industriels installés dans le pays, les autorités gabonaises espèrent consolider une filière sidérurgique capable de répondre à la demande croissante des secteurs du bâtiment, des infrastructures et du logement, moteurs de la diversification économique.
Au-delà de son impact sur les entreprises, cette baisse de TVA pourrait contribuer à réduire le coût du fer à béton utilisé dans les chantiers publics et privés, si l’avantage fiscal est répercuté sur les prix de vente. Elle s’inscrit surtout dans une stratégie plus large de réindustrialisation visant à substituer progressivement les importations par une production nationale compétitive. En favorisant la transformation locale des matières premières et l’implantation de nouveaux industriels, Libreville cherche à créer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de recettes au sein de son économie. Cette orientation conforte également le positionnement du Gabon comme l’un des pôles industriels émergents de la CEMAC.
Sorelle Ninguem



