Pour les petits importateurs camerounais, acheter en Chine relève souvent d’un parcours à plusieurs étapes : identifier un fournisseur, transférer les fonds, organiser le transport, gérer les formalités et suivre l’acheminement des marchandises. C’est sur cette fragmentation que REasy et Africa Global Logistics entendent agir. Réunies le 1er octobre 2026 à Douala avec des commerçants et des opérateurs économiques, les deux entreprises ont présenté un dispositif qui associe paiement numérique et logistique maritime dans une même chaîne de services. Une initiative qui ambitionne de rapprocher les petites entreprises du commerce international en réduisant les contraintes opérationnelles auxquelles elles sont confrontées.
Au cœur du dispositif, une application développée par REasy, fintech créée en 2023, permet au commerçant de régler son fournisseur étranger à partir d’une facture pro forma, avant la prise en charge de l’expédition par AGL. Plusieurs importateurs peuvent ainsi réunir leurs marchandises dans un même conteneur au départ de la Chine, plutôt que de supporter individuellement les coûts d’un chargement complet. La plateforme permet également de suivre les différentes étapes de l’opération, depuis le paiement jusqu’à l’acheminement. Lors de la présentation à Douala, une démonstration a illustré ce parcours intégré. « Notre ambition est de rendre le commerce international beaucoup plus simple et accessible aux entrepreneurs africains », a expliqué Brice Mba, co-CEO de REasy.
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Le projet dépasse désormais le stade de la démonstration commerciale. Un premier conteneur groupé en provenance de Chine a été réceptionné à Douala le 29 avril 2026, marquant le démarrage opérationnel de cette expérimentation. Dans cette organisation, REasy assure principalement l’interface numérique et le règlement des fournisseurs, tandis qu’AGL prend en charge les opérations logistiques : consolidation des marchandises en Chine, transport maritime, réception et suivi à destination. L’offre est encore en phase pilote au Cameroun, avec une perspective d’extension à d’autres corridors commerciaux africains.
La réduction des délais figure parmi les principaux arguments commerciaux avancés par les partenaires. Nicolas Junior Nkada, directeur commercial d’AGL, met notamment en avant les connexions de l’opérateur avec les lignes maritimes partenaires et les outils de suivi des performances. Il évoque des situations dans lesquelles des délais de 60 jours pourraient être raccourcis de trois à six jours. Les deux entreprises revendiquent également une amélioration des coûts grâce à la mutualisation des expéditions et à la digitalisation des opérations. Toutefois, aucun tarif comparatif ni barème détaillé n’a été communiqué lors de la présentation. Les modalités de règlement des frais logistiques, notamment leur paiement avant ou après l’arrivée des marchandises, restent également à préciser.
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L’autre dimension de cette offre concerne la sécurisation des transactions. REasy met en avant son dispositif réglementaire au Cameroun ainsi que ses implantations en Amérique du Nord et en Asie, en citant notamment ses partenariats avec Visa et Mastercard. Pour les petits commerçants, qui recourent parfois à des circuits de paiement difficiles à tracer, l’identification des fournisseurs et la formalisation des transactions constituent des enjeux importants. Xavérie Léonce Nwayegheu, utilisatrice du service, affirme ainsi que la plateforme lui permet de mieux se prémunir contre les risques d’arnaque rencontrés lors de paiements par QR code.
Fondée en 2023, REasy ambitionne de simplifier les échanges transfrontaliers des PME africaines en rapprochant services financiers et opérations commerciales. En s’associant à AGL, acteur majeur de la logistique multimodale présent dans 51 pays avec plus de 23 000 collaborateurs, dont environ 3 000 au Cameroun, la fintech s’appuie sur une infrastructure opérationnelle déjà implantée sur le continent. Pour les deux partenaires, le défi sera désormais de transformer cette expérimentation en service commercial durable, avec des coûts transparents, des délais maîtrisés et une capacité à traiter des volumes croissants d’importations.
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Tressy Chouente



