Dans l’industrie pétrolière, la rentabilité ne dépend pas uniquement des volumes produits. Les résultats semestriels publiés le 27 août 2026 par TotalEnergies EP Gabon en apportent une nouvelle illustration. Entre janvier et juin, la filiale gabonaise du groupe français a dégagé un résultat net de 51 millions de dollars (environ 30,6 milliards de FCFA), contre 22 millions de dollars un an plus tôt, soit une progression de 132 %. Une performance obtenue alors même que les ventes de pétrole brut ont fortement reculé, confirmant le poids déterminant de l’environnement pétrolier international dans les comptes des producteurs africains.
Le principal moteur de cette amélioration réside dans la hausse des prix du brut. Le prix moyen de vente s’est établi à 96,9 dollars le baril, en progression de 41 % sur un an, avec un pic de 100,2 dollars au deuxième trimestre. Selon l’entreprise, cette évolution résulte des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui ont soutenu les cours mondiaux depuis le mois de mars, auxquelles s’est ajouté un calendrier d’enlèvements favorable permettant de commercialiser certains volumes au-dessus du Brent. Cette appréciation des prix a généré un effet positif sur la valorisation des stocks, estimé à 65 millions de dollars, compensant largement la hausse de la fiscalité et le léger recul du chiffre d’affaires.
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Sur le plan opérationnel, les indicateurs apparaissent plus contrastés. La production des champs opérés par TotalEnergies EP Gabon a légèrement progressé de 1 %, à 15 600 barils par jour, mais les volumes commercialisés ont chuté de 35 %, passant de 3,1 millions à 2 millions de barils. Cette contraction explique le repli de 4 % du chiffre d’affaires, limité à 209 millions de dollars, contre 217 millions au premier semestre 2025. Dans le même temps, les investissements (CapEx) ont diminué de 23 %, à 30 millions de dollars, traduisant une gestion prudente des dépenses dans un contexte où les majors privilégient la rentabilité des actifs existants plutôt que le lancement de nouveaux projets.
La trésorerie traduit également ce redressement financier. Le flux de trésorerie d’exploitation est redevenu positif à 46 millions de dollars, après un déficit de 183 millions un an plus tôt. Cette évolution s’explique notamment par l’absence du dividende exceptionnel de 320 millions de dollars versé en 2025 au titre de l’exercice 2023, même si la hausse des prix du pétrole a accru les besoins en fonds de roulement. Malgré cette amélioration, TotalEnergies EP Gabon n’a annoncé aucun nouveau dividende. Son capital demeure détenu à 58,28 % par TotalEnergies SE, 25 % par l’État gabonais et 16,72 % par le flottant.
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Au-delà des performances de l’entreprise, ces résultats illustrent les mutations du secteur pétrolier gabonais. Avec une production nationale stabilisée autour de 220 000 barils par jour, le pays mise davantage sur la valorisation des cours que sur une forte augmentation des volumes. Dans ce contexte, des opérateurs comme Perenco, BW Energy, VAALCO Energy ou TotalEnergies EP Gabon privilégient l’optimisation des actifs existants et la discipline financière. Si la hausse des prix soutient aujourd’hui les bénéfices, la pérennité de cette dynamique dépendra de l’évolution des marchés pétroliers mondiaux et de la capacité du Gabon à renouveler ses réserves tout en maintenant l’attractivité de son bassin pétrolier pour les investisseurs.
Sorelle Ninguem



