Le cacao camerounais entame la campagne 2026-2027 sur un sommet historique. Depuis le 1er septembre, l’Office national du cacao et du café (ONCC) affiche un prix de référence CAF de 3 654 FCFA le kilogramme, un niveau qui reflète la vigueur des marchés internationaux et confirme l’installation durable de la fève parmi les matières premières agricoles les plus valorisées. Si ce prix ne correspond pas directement au montant perçu par les planteurs, il constitue le principal indicateur utilisé par les exportateurs, les coopératives et les acheteurs pour bâtir leurs offres dans les principaux bassins de production du Centre, du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest.
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Cette mercuriale intervient dans un contexte où les équilibres mondiaux restent profondément bouleversés. Depuis 2023, les mauvaises récoltes enregistrées en Côte d’Ivoire et au Ghana, qui assurent près de 60 % de la production mondiale, sous l’effet des maladies du cacaoyer, du vieillissement des plantations et des aléas climatiques, entretiennent une tension durable sur l’offre. Les marchés de Londres et de New York ont ainsi connu des niveaux inédits, soutenant mécaniquement les prix proposés aux origines africaines, dont le Cameroun, cinquième producteur mondial avec une production oscillant autour de 290 000 à 300 000 tonnes selon les campagnes.
Pour l’économie camerounaise, cette hausse constitue une opportunité majeure. Le cacao demeure l’un des premiers produits d’exportation hors hydrocarbures et une source essentielle de devises. Toutefois, le prix CAF publié par l’ONCC ne représente qu’une référence internationale. Le revenu effectivement versé aux producteurs dépend toujours des coûts logistiques, des marges commerciales, de la fiscalité, de la qualité des fèves et du pouvoir de négociation dans chaque bassin de production. Les organisations de producteurs plaident d’ailleurs pour une meilleure transmission des hausses internationales jusqu’aux exploitations agricoles.
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Cette conjoncture favorable ne dissipe pas les défis structurels. L’entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation impose désormais une traçabilité renforcée des fèves destinées au marché européen. Dans le même temps, Yaoundé poursuit sa stratégie de montée en gamme à travers le renouvellement des vergers, la certification, l’amélioration de la fermentation et le développement de la transformation locale, afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée. Si les cours élevés soutiennent aujourd’hui les recettes d’exportation, la compétitivité future de la filière dépendra autant de sa capacité à répondre aux nouvelles exigences des marchés que de sa faculté à mieux rémunérer les producteurs.
Tressy Chouente



