Près de 4 000 milliards de FCFA : c’est l’ordre de grandeur du portefeuille présenté à l’issue du premier Dialogue économique et commercial bilatéral entre le Cameroun et les États-Unis. Réunis à Yaoundé les 27 et 28 août, les deux pays ont identifié des projets américains à différents niveaux de maturité, dans l’énergie, les infrastructures, les minerais critiques, le numérique, la forêt et la logistique. Une enveloppe qui traduit moins des investissements déjà réalisés qu’un potentiel de transactions que les deux gouvernements veulent désormais faire passer du stade des discussions à celui des engagements.
Le plus important projet du portefeuille reste Grand Eweng. L’investisseur new-yorkais Hydromine travaille sur cette centrale hydroélectrique de 1 040 MW à construire sur la Sanaga, pour un coût annoncé de 3,5 milliards de dollars. À lui seul, le projet représente la moitié environ de l’enveloppe globale annoncée. Mais son calendrier demeure à consolider : le projet est engagé depuis plusieurs années et figure encore parmi les infrastructures en développement.
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Dans les infrastructures, A. Epstein and Sons International, avec son partenaire financier ITF, discute d’un projet d’aéroport de 2 milliards de dollars dans la métropole de Douala. Un programme distinct de 230 millions de dollars vise la construction de salles de spectacle modernes à Yaoundé, Douala et Bamenda. Le numérique complète ce front avec Cybastion, qui envisage 75 millions de dollars pour un centre de données alimenté par l’intelligence artificielle et une centrale électrique à Douala. Ces projets placent les infrastructures physiques et numériques au cœur de la nouvelle relation d’affaires.
Les minerais critiques constituent un autre axe majeur. Le partenariat entre l’américain Tronox et l’australien Lion Rock porte sur un projet de rutile évalué à 500 millions de dollars, tandis qu’American Renaissance Minerals (ARM) étudie le développement du gisement de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna, avec un investissement initial estimé à 85 millions de dollars. À ces projets s’ajoutent des opportunités dans l’équipement, la logistique et la forêt, dont une opération de 83 millions de dollars avec Hoffman Equipment et un projet d’entrepôt FedEx–Globex à l’aéroport international de Douala.
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L’enjeu, désormais, est la transformation de ce portefeuille en contrats. Yaoundé et Washington ont identifié plusieurs obstacles : fiscalité, douanes, logistique, transport maritime, environnement minier et sécurité des investissements. Le MINEPAT entend également renforcer le partenariat autour du Data Center souverain, du Park Cloud et de l’accès des entreprises camerounaises au marché américain. Des groupes de travail conjoints doivent assurer le suivi des engagements avant un prochain dialogue prévu aux États-Unis en 2027.
Pour les entreprises camerounaises, cette nouvelle architecture peut ouvrir des possibilités de sous-traitance, de transfert de compétences et de partenariats autour des grands projets. Elle intervient alors que les échanges commerciaux de biens entre les deux pays avaient atteint 457,1 millions de dollars en 2025, dont 287,7 millions d’exportations camerounaises vers les États-Unis et 169,3 millions d’importations. Le véritable test du dialogue sera donc moins le montant annoncé que la capacité à convertir ces opportunités en investissements productifs, emplois et valeur ajoutée locale.
Sorelle Ninguem



