Les entreprises camerounaises entendent peser sur les arbitrages de la future Loi de finances 2027. À l’occasion de la tournée du directeur général des Impôts, Roger Athanase Meyong Abath, à Douala, du 25 au 28 août, les représentants du secteur privé ont présenté leurs priorités afin d’améliorer l’environnement fiscal et soutenir l’investissement. Point d’orgue de ces consultations, la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) a transmis 24 propositions destinées à nourrir les travaux préparatoires du prochain budget de l’État.
Cette démarche intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à accroître les recettes fiscales tout en préservant la compétitivité des entreprises. Les échanges avec le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) ont porté sur la pression fiscale, la stabilité du cadre réglementaire, les coûts de conformité et l’amélioration du climat des affaires. Son président, Célestin Tawamba, a plaidé pour une fiscalité plus lisible et plus prévisible, estimant que ces conditions demeurent essentielles pour stimuler l’investissement privé.
Au siège de la CCIMA, à Bonanjo, Christophe Eken a remis officiellement 24 recommandations au Directeur général des Impôts. Ces propositions portent notamment sur l’accélération de la numérisation des procédures fiscales, la simplification des démarches administratives, la réduction des coûts de conformité et le renforcement du dialogue entre l’administration et les contribuables. Le président de la Chambre a également indiqué qu’une vingtaine de propositions formulées lors des précédentes concertations avaient déjà été prises en compte dans les réformes fiscales, illustrant l’utilité de ce mécanisme de concertation.
Ces recommandations s’inscrivent dans la continuité des réformes engagées par la Direction générale des Impôts. Depuis plusieurs années, l’administration déploie progressivement la télédéclaration, la dématérialisation des déclarations statistiques et fiscales (DSF), ainsi que la facturation électronique, avec l’objectif de moderniser la collecte de l’impôt, de renforcer le civisme fiscal et de réduire les charges administratives supportées par les entreprises.
Au-delà des aspects techniques, cette consultation illustre la recherche d’un équilibre entre les besoins de financement de l’État et les attentes du tissu productif. Les 24 propositions soumises par la CCIMA, enrichies par les observations formulées par le GECAM, alimenteront les réflexions de l’administration fiscale avant la finalisation du projet de Loi de finances 2027, qui sera ensuite soumis au gouvernement puis au Parlement.
Fabrice Tatisson



