Le Cameroun consolide son rôle de plateforme énergétique de l’Afrique centrale. En juillet 2026, il a fourni au Tchad près de 13 millions de litres de carburants, devenant de loin le premier fournisseur de N’Djamena. Cette performance dépasse le simple échange commercial : elle traduit le poids croissant du corridor Douala-N’Djamena dans l’approvisionnement en produits pétroliers d’un pays enclavé dont la demande reste supérieure à ses capacités de raffinage.
Les chiffres publiés par l’ARSAT illustrent cette montée en puissance. Sur les 14,5 millions de litres de gazole importés en juillet, 7,69 millions proviennent du Cameroun, contre 6,84 millions du Nigeria. Plus marquant encore, les 4,87 millions de litres d’essence importés par le Tchad ont été fournis exclusivement par le Cameroun. Le même constat vaut pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL), dont les 4 857 tonnes achetées durant le mois proviennent intégralement du marché camerounais. Au total, Yaoundé concentre plus de 60 % des approvisionnements énergétiques extérieurs de son voisin.
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Cette progression confirme le repositionnement du Cameroun comme hub logistique régional. Grâce au port de Douala, à ses capacités de stockage et à son réseau de transport vers l’hinterland, le pays devient un maillon essentiel de la sécurité énergétique tchadienne. Cette dynamique profite à toute une chaîne d’entreprises : distributeurs de produits pétroliers, transporteurs routiers, logisticiens, opérateurs de stockage et sociétés de transit qui acheminent les carburants vers le marché tchadien.
Pour le Tchad, cette dépendance reste néanmoins un défi stratégique. Bien que producteur de pétrole brut, le pays continue de recourir aux importations pour satisfaire une partie de ses besoins en carburants et en gaz domestique. Les données de juillet montrent ainsi que la consommation nationale a atteint plus de 40 millions de litres de gazole et près de 32 millions de litres d’essence. Dans ce contexte, la fluidité des échanges avec le Cameroun devient un facteur déterminant pour éviter les tensions d’approvisionnement.
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Au-delà des volumes, cette évolution révèle une recomposition des flux énergétiques en Afrique centrale. En captant l’essentiel des importations tchadiennes d’essence et de GPL et une large part du gazole, le Cameroun renforce son influence économique sur l’un des principaux corridors commerciaux de la CEMAC. Pour les entreprises camerounaises de la logistique et de la distribution pétrolière, cette position ouvre de nouvelles perspectives de croissance, à condition de maintenir des infrastructures performantes et une chaîne d’approvisionnement capable de répondre à une demande régionale en constante évolution.
Sorelle Ninguem



