Coupure du ruban symbolique par Joseph Beti Assomo, ministre de la Défense.
Le Port autonome de Douala franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de ses installations. Le Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite des forces armées camerounaises, y a inauguré une base opérationnelle destinée à améliorer les capacités de surveillance et d’intervention sur la principale plateforme portuaire du pays. Présidée par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, en présence du directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, la cérémonie illustre la volonté des pouvoirs publics de faire de la sûreté un levier de compétitivité économique.
Cette implantation répond aux enjeux d’une infrastructure qui concentre l’essentiel du commerce extérieur camerounais et assure le transit des marchandises à destination du Tchad et de la République centrafricaine. Véritable porte d’entrée de l’économie nationale, le Port de Douala-Bonabéri demeure un maillon stratégique des corridors de la CEMAC, où la continuité des opérations est essentielle à la fluidité des échanges.
La nouvelle base regroupe des unités d’intervention, des services logistiques et des moyens de surveillance, notamment des embarcations rapides et des équipements radar. Elle opère en coordination avec la Marine nationale, les commandos marine, les nageurs de combat et le Bataillon spécial amphibie afin d’assurer une réponse rapide face aux risques sécuritaires qui pèsent sur les installations portuaires et le golfe de Guinée.
L’initiative intervient dans un contexte où la sûreté est devenue un facteur déterminant de la compétitivité des ports africains. Piraterie, trafics illicites et menaces contre les navires influencent désormais les coûts d’assurance, les délais d’escale et les choix des compagnies maritimes. Le PAD complète ainsi le dispositif déjà encadré par le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (ISPS).
L’enjeu est d’autant plus important que le Port de Douala-Bonabéri a traité plus de 13 millions de tonnes de marchandises en 2025, un niveau record, tandis que le trafic conteneurisé s’est établi à 183 956 EVP, soit 62,5 % du marché national. Selon le commandement du BIR, le nouveau site permettra des opérations maritimes permanentes, de jour comme de nuit, en levant les contraintes opérationnelles liées à l’ancien quai.
Au-delà de sa dimension militaire, cette base s’inscrit dans la stratégie de modernisation du PAD. Dans un environnement où les ports se disputent les flux commerciaux régionaux, la sûreté devient un avantage concurrentiel au même titre que les investissements dans les infrastructures, la digitalisation ou la fluidification des corridors logistiques. Pour le Port de Douala, renforcer la sécurité revient aussi à consolider son statut de premier hub logistique d’Afrique centrale. Amélie Yandal



