Aliko Dangote, PDG de Dangote Industries Limited, et Maixent Raoul Ominga, directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), lors d’une rencontre au Nigeria.
La République du Congo explore une nouvelle voie pour consolider sa sécurité énergétique. La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) a entamé des discussions avec Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals, en vue d’un partenariat stratégique portant sur l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés. L’annonce a été faite à l’issue d’une visite du directeur général de la SNPC, Maixent Raoul Ominga, sur le site de la raffinerie de Lekki, au Nigeria, le 27 juin 2026.
Selon les informations relayées par la presse nigériane, les échanges ont porté sur plusieurs volets : raffinage, logistique d’approvisionnement, sécurité énergétique, développement industriel et partage d’expertise. Le groupe Dangote, acteur majeur du secteur pétrolier africain, a réaffirmé sa volonté de renforcer les partenariats intra-africains, dans une logique d’intégration régionale des chaînes de valeur énergétiques.
Pour Brazzaville, l’enjeu est d’autant plus stratégique que le pays, pourtant producteur de pétrole brut, demeure dépendant des importations de carburants raffinés. La raffinerie nationale Coraf, située à Pointe-Noire, ne couvre pas entièrement la demande intérieure, notamment en essence, selon les données de conjoncture du premier trimestre 2026. Une partie de la production est par ailleurs orientée vers l’export, accentuant les tensions sur le marché local.
Dans ce contexte, le recours à des capacités de raffinage régionales, notamment celles de Dangote au Nigeria, apparaît comme une alternative pragmatique. Le complexe de Lekki, présenté comme l’un des plus importants d’Afrique, ambitionne de transformer les équilibres du marché pétrolier ouest-africain en réduisant la dépendance aux importations extra-continentales et en fluidifiant les circuits d’approvisionnement.
Les discussions entre la SNPC et Dangote s’inscrivent également dans une dynamique plus large de coopération énergétique sud-sud. Le président du groupe nigérian, Aliko Dangote, a réaffirmé la volonté de son entreprise de soutenir l’intégration énergétique africaine, en mettant en avant une approche continentale du raffinage et de la distribution des carburants. Cette stratégie vise à répondre aux déficits structurels d’approvisionnement observés dans plusieurs pays africains.
Si un accord venait à être conclu, le Congo rejoindrait d’autres pays de la CEMAC, à l’instar du Cameroun, déjà engagé dans des échanges avec la raffinerie de Lekki. Yaoundé a commencé à recevoir des cargaisons de carburants dès le premier trimestre 2026, après des discussions entamées fin 2025, illustrant l’intérêt croissant de l’Afrique centrale pour les capacités de production nigérianes.
Au-delà de l’approvisionnement, Dangote poursuit une stratégie d’expansion industrielle ambitieuse. Selon la direction du groupe, la capacité globale de raffinage pourrait atteindre 2,1 millions de barils par jour à moyen terme, avec une montée en puissance au Nigeria et des projets d’implantation en Afrique de l’Est. Cette dynamique confirme l’émergence d’un nouvel acteur structurant du marché énergétique continental, susceptible de redéfinir les flux commerciaux régionaux.



