Fongod Edwin Nuvaga DG des Douanes.
La réforme de la taxation des terminaux mobiles au Cameroun franchit une étape décisive. La Direction générale des Douanes (DGD) indique avoir enregistré environ un milliard de FCFA de recettes à fin juin 2026, issu du nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes appliqués aux téléphones, tablettes et autres équipements numériques importés. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion du comité de direction tenue à Yaoundé sous la présidence de FONGOD Edwin NUVAGA.
Ce dispositif, opérationnel depuis le 1er avril 2026, ne correspond pas à l’instauration d’une nouvelle imposition, mais à une réorganisation du système de recouvrement. L’objectif affiché par les autorités est d’élargir et sécuriser l’assiette fiscale en améliorant la traçabilité des appareils importés, dans un contexte marqué par la forte circulation de terminaux non déclarés ou sous-évalués sur le marché national.
Les chiffres traduisent une montée en puissance progressive du mécanisme. Selon la DGD, les recettes ont démarré autour de 200 millions de FCFA durant la première semaine de mise en œuvre, avant d’atteindre près de 700 millions de FCFA à la mi-juin. Cette progression illustre une adaptation graduelle des importateurs et une meilleure appropriation du dispositif par les acteurs de la chaîne logistique.
Pour consolider cette dynamique, l’administration douanière a misé sur une double approche combinant sensibilisation et encadrement juridique. D’une part, des actions de communication ont été déployées afin d’expliquer le fonctionnement du système aux opérateurs économiques et aux utilisateurs. D’autre part, des textes réglementaires, dont un communiqué daté du 25 mai, ont renforcé le cadre d’application en annonçant le blocage des téléphones non dédouanés.
Le ministère des Finances (MINFI) joue également un rôle structurant dans la mise en œuvre du dispositif. Une circulaire adressée aux opérateurs de téléphonie mobile rappelle les obligations de conformité et les risques encourus en cas de manquement, renforçant ainsi la portée coercitive du mécanisme et la responsabilité des acteurs privés dans la chaîne de distribution.
La DGD souligne par ailleurs l’importance de l’adhésion des parties prenantes pour la réussite de la réforme. Dans une note officielle, l’institution indique que cette coopération constitue « un puissant adjuvant dans l’embellie de cette réforme », mettant en avant le rôle des importateurs et opérateurs dans la consolidation du dispositif.
Au-delà du contexte national, l’expérience camerounaise suscite déjà des réactions sur le continent. Le Directeur général des Douanes du Tchad, en visite de travail à Yaoundé, a exprimé son intérêt pour ce modèle de collecte numérique, qu’il juge pertinent pour renforcer les recettes publiques. D’autres administrations africaines et extra-africaines observeraient également ce mécanisme avec attention, selon les autorités camerounaises.
Les perspectives financières affichées par la DGD restent ambitieuses. L’administration estime que les recettes issues de ce dispositif pourraient atteindre 25 milliards de FCFA d’ici la fin de l’année 2026, confirmant le potentiel de cette réforme dans un contexte de digitalisation accrue de la gestion douanière et de lutte contre les circuits informels d’importation.



