Le Cameroun veut faire de ses micro, petites et moyennes entreprises (MPME) les piliers de sa transformation économique. Réunis le 29 juin à Yaoundé à l’occasion de la 6ᵉ Journée des MPME, les pouvoirs publics ont réaffirmé leur ambition d’accélérer l’industrialisation du pays en développant la transformation locale des matières premières. À travers le thème « De la matière première au produit fini : les MPME au cœur de la transformation », le gouvernement entend faire émerger un tissu industriel capable de créer davantage de valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux importations.
Pour le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, cette orientation constitue un levier essentiel de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). L’objectif est de transformer sur place les ressources agricoles, forestières, minières ou halieutiques afin de renforcer les chaînes de valeur nationales, d’améliorer la balance commerciale et de soutenir la politique d’import-substitution.
Les autorités estiment que cette dynamique est déjà perceptible. Les statistiques arrêtées au 31 décembre 2025, élaborées avec l’appui de l’Institut national de la statistique (INS), mettent en évidence une progression des créations de MPME dans les activités industrielles et de transformation. Un signal jugé encourageant dans un tissu entrepreneurial longtemps dominé par le commerce et les services. Pour le gouvernement, cette évolution traduit une montée en puissance progressive de l’entrepreneuriat productif.
Au-delà des performances enregistrées, Yaoundé veut consolider un environnement favorable au développement des petites entreprises. L’accès au financement, aux technologies, aux marchés, à la formation et à l’accompagnement technique demeure au cœur de la stratégie publique. Celle-ci repose sur une coopération renforcée entre administrations, institutions financières, universités, centres de recherche, chambres consulaires, organisations patronales et partenaires techniques afin d’améliorer la compétitivité des entreprises camerounaises et leur intégration dans les chaînes de valeur régionales, notamment dans le cadre de la ZLECAf.
Les partenaires internationaux soutiennent cette ambition. Représentant le Coordonnateur résident du système des Nations unies, la représentante résidente de l’UNICEF au Cameroun a plaidé pour un accompagnement renforcé des jeunes, des femmes et des personnes en situation de handicap afin de faciliter leur accès au financement, à l’innovation et aux opportunités de marché.
Au-delà des conférences, rencontres B2B et expositions organisées durant cette édition 2026, le message est clair : les MPME ne sont plus considérées comme de simples acteurs périphériques. Elles sont désormais appelées à devenir les principaux moteurs de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la souveraineté économique du Cameroun, en transformant localement les richesses produites sur son territoire.



