SOCADEL franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de redressement. Quelques semaines après sa création à la suite de la reprise en main publique des actifs de l’ex-Eneo, la Société camerounaise d’électricité a confié à General Bank of Cameroon (GBC), anciennement Société Générale Cameroun, la structuration d’une levée de 60 milliards de FCFA sur le marché bancaire local. Selon une note d’information publiée le 1er juillet 2026, les fonds recherchés seront consacrés au renforcement des infrastructures de production, de distribution et de commercialisation de l’énergie électrique, avec l’ambition d’améliorer durablement la qualité du service.
Cette opération constitue le premier volet bancaire du plan de restructuration financière de l’entreprise publique, confrontée à une forte attente des ménages et des entreprises, dans un contexte marqué par les coupures d’électricité, les baisses de tension et les difficultés d’approvisionnement. Pour le président du conseil d’administration, Antoine Ntsimi, la priorité est de restaurer la confiance des usagers en privilégiant des investissements susceptibles de produire des résultats rapidement perceptibles sur le terrain. Le mandat confié à General Bank of Cameroon traduit ainsi la volonté de passer d’une logique d’annonces à une logique d’exécution.
La décision de recourir au marché bancaire fait suite aux résolutions du conseil d’administration du 28 mai 2026, qui avait autorisé le directeur général, Oumarou Hamandjoda, à engager des négociations avec les établissements financiers. Si les discussions portent également sur le refinancement de la trésorerie et la restructuration de la dette, le mandat signé couvre exclusivement, à ce stade, le financement des investissements. D’autres opérations devraient suivre afin de mobiliser des ressources destinées à assainir la situation financière de l’entreprise.
L’ampleur des défis reste néanmoins considérable. Dotée d’un capital social de 43,9 milliards de FCFA depuis mai 2026, SOCADEL hérite d’une dette globale estimée à près de 850 milliards de FCFA et d’un déficit mensuel de trésorerie évalué à 13 milliards. L’entreprise encaisse environ 31 milliards de FCFA par mois, alors que ses charges avoisinent 44 milliards. Dans ces conditions, les 60 milliards recherchés représentent un premier levier pour financer les urgences, mais demeurent insuffisants pour résorber un passif d’une telle ampleur.
Le plan de restructuration prévoit notamment le refinancement d’environ 177 milliards de FCFA de dettes et de crédits de trésorerie, à travers un emprunt bancaire local d’au moins 150 milliards de FCFA sur une maturité de sept ans, assorti d’une période de grâce pouvant atteindre deux ans. Pour General Bank of Cameroon, chef de file de cette syndication via sa filiale Société Générale Capital Securities Central Africa, cette opération traduit l’engagement du secteur bancaire à accompagner la modernisation des infrastructures énergétiques du pays. Au-delà de la mobilisation des financements, le véritable défi de SOCADEL sera désormais de transformer ces ressources en une amélioration visible et durable de l’accès à l’électricité, condition essentielle à la compétitivité des entreprises et à la croissance économique du Cameroun.



