Dans la salle de conférence du Hilton Hotel de Yaoundé, les uniformes militaires côtoient les costumes diplomatiques dans une atmosphère feutrée mais studieuse, rythmée par des échanges techniques sur l’avenir de la sécurité maritime régionale. Le 16 mai 2026, représentants institutionnels, experts militaires et responsables régionaux ont pris part à la cérémonie de clôture de cette 5e session de la RAHR, consacrée à la consolidation de l’Architecture de Yaoundé, pilier central de la coopération sécuritaire maritime dans le Golfe de Guinée.
Autour de la table, les délégations issues de la CEEAC, de la Commission du Golfe de Guinée et des structures spécialisées ont examiné les conclusions des travaux des experts, dont le rapport a été présenté puis adopté. Les participants ont réaffirmé leur engagement à renforcer la gouvernance et les capacités opérationnelles du CIC, dans un contexte marqué par l’évolution des menaces maritimes, notamment la piraterie, les trafics illicites et diverses formes d’insécurité en mer.
Les discussions ont également mis en évidence la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des recommandations issues de la précédente session. Les responsables ont insisté sur le renforcement du suivi des décisions, la modernisation des outils de coordination et l’amélioration de la crédibilité institutionnelle du dispositif régional.
Dans cette dynamique, le plan stratégique 2026-2030 du CIC a été adopté. Ce document fixe les priorités opérationnelles des cinq prochaines années, en mettant l’accent sur la mutualisation des ressources, le développement des partenariats et l’adaptation des structures aux nouvelles réalités sécuritaires maritimes. Le budget 2026 a également été validé, accompagné d’instructions visant à améliorer la planification financière et la transparence dans la gestion des contributions des États membres.
L’un des points majeurs des travaux concerne la nouvelle clé de répartition du financement du CIC. Désormais, la CEDEAO contribuera à hauteur de 50 %, la CEEAC à 40 % et la Commission du Golfe de Guinée à 10 %. Cette réforme vise à garantir une meilleure stabilité financière du dispositif et à préparer une conférence des partenaires prévue en 2027, destinée à mobiliser des ressources complémentaires auprès des bailleurs internationaux.
Sur le plan opérationnel, les échanges ont porté sur le transfert progressif du système YARIS, outil stratégique de surveillance maritime, vers une gestion entièrement régionale. L’objectif est de renforcer la souveraineté numérique des États africains sur les données maritimes sensibles et d’améliorer la réactivité face aux incidents en mer.
Les responsables ont également abordé la question des ressources humaines du CIC, soulignant la nécessité d’assurer une rotation maîtrisée du personnel tout en préservant la continuité institutionnelle. La nomination d’un directeur exécutif par intérim a été confirmée dans l’attente d’une désignation définitive, tandis que des mécanismes de planification des postes ont été recommandés pour anticiper les vacances de fonctions.
Dans une atmosphère solennelle en fin de session, les participants ont salué les efforts du Cameroun dans l’organisation des travaux et exprimé leur reconnaissance pour l’appui politique et logistique apporté au dispositif régional. L’ensemble des délégations a réaffirmé son attachement à la vision commune d’un espace maritime plus sûr dans le Golfe de Guinée, zone stratégique pour les échanges commerciaux internationaux.
Les travaux se sont achevés sur une note de convergence, marquant une nouvelle étape dans la structuration de la coopération sécuritaire interrégionale, alors que les États cherchent à adapter leurs dispositifs aux défis croissants de la sécurité maritime.



