Dans son usine de Nkoteng, Sosucam engage une nouvelle phase de modernisation industrielle avec l’entrée en service d’une unité dédiée à la production de sucre en morceaux. Lancé depuis plus de deux ans, ce projet de 2,5 milliards FCFA traduit une stratégie de montée en gamme visant à améliorer la performance industrielle et la qualité des produits finis. Selon des responsables de l’entreprise, cette nouvelle installation remplace progressivement l’ancien dispositif de Mbandjock, devenu moins adapté aux exigences actuelles de productivité et de compétitivité.
Dotée d’une capacité de production estimée à environ 100 tonnes par jour, la nouvelle ligne industrielle doit permettre de répondre plus efficacement à la demande croissante des ménages et des industries agroalimentaires. L’enjeu est également d’assurer une meilleure régularité de l’offre en sucre transformé, tout en optimisant les coûts liés aux anciennes unités de production. Cette évolution intervient dans un contexte où la filière sucrière camerounaise fait face à une pression croissante liée à la structure même de son marché.
Les données de l’Institut national de la statistique (INS) montrent en effet un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande. La production nationale de sucre oscille entre 120 000 et 160 000 tonnes par an, alors que les besoins du marché sont évalués à près de 300 000 tonnes. Ce déficit chronique oblige régulièrement les pouvoirs publics à recourir aux importations afin de sécuriser l’approvisionnement et d’éviter des tensions sur les prix.
Dans ce contexte, Sosucam évolue dans un environnement industriel en recomposition, où plusieurs acteurs cherchent également à renforcer leurs capacités de production. Cette dynamique traduit une intensification progressive de la concurrence sur le marché local, avec pour objectif commun de réduire la dépendance du pays aux importations et de consolider l’offre domestique.
L’entreprise met en avant une stratégie de modernisation continue, dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du sucre et la forte compétitivité des grands producteurs mondiaux. Ces facteurs exercent une pression sur les industriels locaux, les obligeant à améliorer leur efficacité opérationnelle et à investir dans des équipements plus performants.
Malgré ces avancées, les défis structurels du secteur demeurent importants. L’équilibre entre production locale, importations et flux commerciaux reste fragile, et les ajustements du marché peuvent rapidement modifier les dynamiques en cours. Dans cet environnement, la nouvelle unité de Nkoteng apparaît comme un levier stratégique destiné à renforcer la valeur ajoutée locale et à stabiliser l’approvisionnement du marché camerounais.
En consolidant ses capacités de transformation, Sosucam entend ainsi s’imposer comme un acteur central de la sécurisation de la filière sucrière nationale, tout en adaptant son modèle industriel aux exigences d’un marché en pleine mutation.



