Le paysage entrepreneurial rural camerounais amorce une nouvelle dynamique. À travers la signature d’un accord entre JMJ Faster ESMP, filiale du cabinet JMJ Africa, et la Capef, les acteurs publics et privés entendent structurer un écosystème encore fragile, marqué par un fort taux d’échec des initiatives agricoles.
Conclu pour une durée de cinq ans renouvelables, ce partenariat ambitionne de lever les principaux obstacles au développement des PME rurales. Le manque de financement, l’insuffisance d’encadrement technique et la faible structuration des projets figurent parmi les défis identifiés. Dans ce contexte, les deux institutions proposent un dispositif intégré couvrant l’ensemble du cycle entrepreneurial, depuis la formation jusqu’à l’accès au marché, en passant par l’incubation et la mobilisation de financements.
Selon les promoteurs de l’initiative, près de neuf jeunes entreprises sur dix cessent leurs activités dans les cinq premières années. Face à cette réalité, l’objectif affiché est de bâtir un modèle plus résilient, capable de soutenir durablement les porteurs de projets en milieu rural et périurbain. JMJ Faster apporte son expertise en accompagnement stratégique, tandis que la Capef met à contribution son réseau territorial et ses bases de données de producteurs.
L’un des axes majeurs du programme repose sur la création de centres d’excellence dans les dix régions du pays. Ces plateformes auront pour mission de diffuser les bonnes pratiques, renforcer les compétences et améliorer la productivité des exploitations. Elles interviendront sur toute la chaîne de valeur, de l’approvisionnement en intrants à la transformation, en passant par la collecte, la conservation et la commercialisation des produits.
Deux orientations structurantes guident ce dispositif. D’une part, le développement des activités agro-sylvo-pastorales et halieutiques, avec pour ambition de diversifier les sources de revenus et d’accroître la rentabilité des exploitations. D’autre part, l’intégration du numérique et de technologies innovantes, notamment l’intelligence artificielle, afin d’optimiser les rendements et moderniser les pratiques agricoles.
Les premières implantations sont prévues à Eseka et Mbanga, deux bassins de production stratégiques dans les filières du palmier à huile. Ces zones bénéficient déjà de la présence d’acteurs industriels, à l’image d’Opalm, qui projette d’augmenter significativement ses capacités de transformation, passant de 7 000 à 25 000 tonnes par an. Cette montée en puissance devrait générer une demande accrue en matières premières et stimuler l’activité des producteurs locaux.
Au-delà du soutien aux entreprises, le partenariat vise des retombées économiques plus larges. La création d’emplois, l’amélioration des revenus en milieu rural et la valorisation des ressources locales figurent parmi les impacts attendus. Dans un pays où les importations alimentaires dépassent 1 100 milliards de FCFA par an, le renforcement de la production nationale apparaît comme un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire et l’équilibre de la balance commerciale.
En structurant l’investissement productif dans les territoires, JMJ Faster ESMP et la Capef entendent poser les bases d’un modèle de croissance inclusif, centré sur l’innovation, la formation et l’ancrage local. Une approche qui pourrait, à terme, contribuer à transformer durablement le secteur agricole camerounais.



