Poignée de main entre Théodore Datouo, président de l’Assemblée nationale, et Nathalie Moudiki, conseillère n°2 de la SNH et présidente du conseil d’administration du projet.
Dans l’enceinte du Palais des Verres Paul Biya, la séquence officielle, organisée autour des activités de la fête des mères, a servi de cadre à un échange à forte portée stratégique. Au-delà du registre protocolaire, la rencontre a remis au centre des discussions le projet CSTAR, considéré comme l’un des piliers de la future infrastructure de raffinage du Cameroun.
Recevant Nathalie Moudiki, conseillère n°2 de la SNH et présidente du conseil d’administration du projet, Théodore Datouo a salué une initiative structurante. Pour le président de la Chambre basse, « penser une raffinerie, c’est penser développement national ». Une prise de position qui confère un appui politique explicite à ce chantier conduit par le consortium SNH–Tradex–Ariana Energy.
Implantée sur environ 250 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, la future raffinerie s’inscrit dans une logique de souveraineté énergétique et d’intégration industrielle. Le projet comprend une unité de raffinage évaluée à près de 360 milliards de FCFA, couplée à un terminal stratégique de stockage estimé à plus de 540 milliards de FCFA. Ce dernier devra accueillir entre 250 000 et 300 000 m³ de produits pétroliers (gasoil, essence, jet A1, kérosène, HFO).
Sur le plan du financement, une étape clé a été franchie début mai 2026. Un pool bancaire mené par BGFIBank Cameroun, avec Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et la BICEC, a mobilisé 120 milliards de FCFA pour la participation de la SNH. Cette opération consolide la structuration financière du projet, encore en phase de montée en puissance.
Le calendrier industriel prévoit une première mise en service en décembre 2026, avec une capacité initiale de 10 000 barils par jour. La montée en régime devrait porter la production à 30 000 barils/jour à l’horizon 24 mois, soit environ 1,5 million de tonnes annuelles. À terme, CSTAR ambitionne de réduire jusqu’à 30 % les importations de produits pétroliers, représentant une économie estimée à 750 millions de dollars par an.
Le projet affiche également une forte dimension sociale. En phase de construction, près de 5 000 emplois directs et indirects sont attendus, contre environ 2 000 emplois permanents en exploitation. Une perspective qui renforce son statut de chantier industriel majeur dans une économie encore dépendante des importations énergétiques.
Dans ce contexte, le soutien parlementaire apparaît comme un signal institutionnel important. Il pourrait faciliter les ajustements réglementaires et budgétaires nécessaires à la poursuite du projet, dans un environnement où les grands investissements énergétiques restent sensibles aux contraintes de financement.
À Kribi, CSTAR s’impose désormais comme un projet structurant de la stratégie pétrolière nationale. Entre ambition industrielle et enjeu de souveraineté, il avance sous haute attention institutionnelle, avec l’objectif de transformer durablement la chaîne de valeur énergétique du Cameroun.



