Le yuan gagne du terrain dans les stratégies bancaires africaines. Attijariwafa bank a annoncé, le 15 octobre 2026, son adhésion au Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), l’infrastructure chinoise de compensation et de règlement des paiements internationaux en renminbi (RMB), également appelé yuan. Pour le groupe marocain, l’objectif est de faciliter les transactions des entreprises et des clients institutionnels opérant entre le Maroc et la Chine, en limitant les délais et les intermédiaires bancaires. Les modalités techniques de sa participation, directe ou indirecte, n’ont toutefois pas été précisées.
L’enjeu est commercial autant que financier. En permettant le règlement des opérations directement en monnaie chinoise, le dispositif peut simplifier les paiements aux fournisseurs et diversifier les devises utilisées dans les échanges. Attijariwafa bank n’a cependant communiqué ni estimation des économies attendues ni données sur les volumes de transactions qui pourraient transiter par ce canal. Les gains effectifs dépendront notamment des frais bancaires, de la liquidité en yuans et des coûts de conversion.
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La banque marocaine rejoint un mouvement déjà engagé sur le continent. Standard Bank, premier établissement africain autorisé à traiter directement des transactions via le CIPS, a annoncé avoir dépassé 8 milliards de yuans de paiements, soit environ 1,2 milliard de dollars, en juillet 2026. Après le lancement de son service en novembre 2025, le groupe sud-africain a étendu son dispositif à plusieurs marchés, dont l’Angola, le Ghana, le Kenya, le Lesotho et la Tanzanie. En juin 2026, Standard Bank et son partenaire chinois ICBC ont également obtenu l’autorisation de fournir des services de compensation en yuans dans 19 pays africains.
Ecobank entend également renforcer les passerelles financières entre les deux régions. Le groupe panafricain, présent sur 34 marchés africains, a signé le 10 octobre 2026 à Pékin un protocole d’accord avec le CIPS, annoncé deux jours plus tard. Cette coopération vise à améliorer la connectivité des paiements en renminbi entre la Chine et le réseau bancaire africain d’Ecobank. Les démarches ne sont toutefois pas au même stade : Standard Bank traite déjà des opérations via le système, tandis qu’Attijariwafa bank a annoncé son adhésion et qu’Ecobank a formalisé un accord de coopération.
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Lancé en 2015, le CIPS constitue un instrument de l’internationalisation du renminbi. Selon les données rapportées par Reuters en octobre 2026, le réseau relie plus de 5 000 banques dans plus de 100 pays et territoires. Son développement intervient alors que les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint environ 348 milliards de dollars en 2025, selon Ecobank. Pour les entreprises africaines, le règlement en yuans peut réduire le recours systématique au dollar, sans éliminer pour autant le risque de change. La progression de cette infrastructure dépendra donc autant de son adoption par les banques que de son avantage économique réel pour les importateurs et exportateurs.
Tressy Chouente



