Dans les marchés, commerces et transports, le manque de petite monnaie complique les paiements et la restitution du reliquat. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) veut y répondre en retirant les pièces anciennes et en augmentant l’offre de la gamme « Type 2024 ». L’enjeu est aussi commercial, car la fluidité des paiements soutient les échanges quotidiens.
Le 7 octobre à N’Djamena, le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale a décidé de retirer le cours légal, dès le 1er novembre, aux pièces des séries 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. La mesure s’applique au Cameroun, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Tchad et en République centrafricaine. Ce sont des séries de fabrication, non des valeurs faciales : le millésime compte davantage que le montant inscrit. La gamme 2006 n’est pas concernée.
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Le retrait ne signifie pas que les détenteurs perdront automatiquement la valeur de leurs pièces. Le gouverneur Yvon Sana Bangui a annoncé une période d’échange d’un an, mais les lieux et procédures restent à préciser. Ces modalités seront cruciales pour éviter pertes et confusion chez les ménages comme chez les commerçants.
Mise en circulation à Bangui le 2 avril 2025, la gamme « Type 2024 » comprend neuf valeurs : 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 200 et 500 FCFA. Elle introduit la pièce de 200 FCFA et des formes polygonales pour celles de 50 et 100 FCFA. La BEAC prévoit 500 millions de pièces nouvelles par an, soit trois milliards d’ici 2030. L’effet dépendra de l’approvisionnement régulier des banques, commerçants et consommateurs.
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La banque centrale attribue une partie des pénuries à la collecte illégale de pièces, ensuite exportées vers l’Asie pour la valeur de leurs métaux et alliages. En décembre 2019, l’ancien gouverneur Abbas Mahamat Tolli avait annoncé des investigations avec les États membres. Les volumes et la valeur du trafic n’ont pas été publiés. La BEAC affirme avoir adapté la composition métallique des nouvelles pièces pour réduire l’intérêt de ces détournements.
Le succès dépendra de la distribution et de règles d’échange clairement communiquées. La BEAC doit publier les modalités pratiques ; banques et commerçants devront relayer l’information. Le renouvellement ne suffira pas à résorber les pénuries si les nouvelles unités ne circulent pas jusque dans les lieux où s’effectuent les petites transactions. Une information claire devra atteindre les petits commerçants et les transporteurs, principaux utilisateurs de monnaie divisionnaire, dans les six pays membres. Les modalités d’échange seront donc déterminantes.
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Tressy Chouente



