Le dossier illustre les tensions de trésorerie qui peuvent fragiliser les entreprises fournisseurs de l’État. La convention signée avec Neptune Oil SA porte sur 5 860 m³ de carburant, soit 5,86 millions de litres consommés par la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) en 2022 et 2023. Selon le ministre Gaston Eloundou Essomba, la dépense a été engagée, liquidée et ordonnancée, mais le Trésor public n’a pas effectué le règlement.
Au 6 octobre 2026, la consommation cumulée de la DGSN atteignait 22 765 m³, pour plus de 21 milliards FCFA. Ces prélèvements ont contribué à épuiser les stocks de sécurité, réserves destinées aux situations exceptionnelles. Ce montant ne constitue toutefois pas nécessairement une dette unique : le périmètre de la convention Neptune Oil ne se confond pas clairement avec celui de l’ensemble des volumes consommés.
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La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a également alerté la DGSN. Jusqu’à fin juillet 2026, ses dépôts avaient livré 11 543 613 litres de super et 11 221 664 litres de gasoil, soit près de 22,8 millions de litres. Elle affirme ne plus pouvoir répondre aux enlèvements sans reconstitution des stocks. Elle réclame aussi 204,9 millions FCFA de frais de passage, calculés à 9 FCFA par litre hors TVA, et demande la désignation officielle des agents habilités à signer les bons.
Mobilisée en 2024 dans le cadre d’un dispositif d’urgence, Neptune Oil devait compenser les volumes prélevés en 2022 et 2023. Le retard de paiement expose le fournisseur à une pression financière : une entreprise qui emprunte pour poursuivre ses livraisons supporte des frais supplémentaires et mobilise une trésorerie qui pourrait servir à d’autres activités.
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Pour sortir de cette dépendance, le ministre propose de rattacher la DGSN au circuit d’approvisionnement de Tradex SA, déjà utilisé par le ministère de la Défense et la Garde présidentielle. La décision revient à la Présidence. Ce changement ne solderait cependant pas les créances existantes. La SCDP s’expose, selon le ministre, à des risques juridiques et financiers tant que les stocks ne sont pas reconstitués et que les fournisseurs attendent leur dû. Pour les entreprises, l’enjeu dépasse le carburant : les retards de paiement de la commande publique peuvent renchérir le financement et fragiliser la continuité des livraisons.
Anatole Bidias



