Au Centre Médical Sainte Bernadette, la lutte contre les violences faites aux femmes se prolonge désormais au-delà des soins. Le 10 septembre, l’établissement a organisé à Yaoundé une table ronde consacrée aux défis de la prise en charge, aux responsabilités des acteurs et aux moyens de prévenir les féminicides. À l’initiative de sa promotrice, le Dr Soundjock Flavie, la rencontre a rassemblé soignants, psychologues, avocats, militants et femmes victimes de violences.
Pour la promotrice, une femme qui arrive dans un centre médical après des violences conjugales ne présente pas toujours des blessures visibles. La peur, le traumatisme psychologique et la vulnérabilité peuvent aussi marquer son parcours. D’où la nécessité, estime-t-elle, de ne pas réduire l’intervention à un acte médical, mais de coordonner plusieurs compétences pour répondre aux besoins de la victime.
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Les échanges ont également porté sur les violences susceptibles de conduire au féminicide. Les participants ont appelé à ne pas banaliser ces actes et à mieux orienter les victimes vers les structures capables de les accompagner. L’objectif est de faciliter l’accès à une assistance médicale, psychologique et juridique, tout en mobilisant les familles, les institutions et la société dans son ensemble.
Cette approche s’est traduite par la signature d’une convention entre le Centre Médical Sainte Bernadette et le cabinet d’avocats Minyogog. L’accord vise à consolider l’accompagnement juridique des femmes victimes et la défense de leurs droits. Pour la structure médicale, ce partenariat doit compléter la prise en charge des blessures et de la souffrance psychologique par un appui légal, afin que les victimes ne soient pas seules face aux démarches à entreprendre.
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La table ronde a aussi donné la parole à des victimes, dont les témoignages ont nourri la réflexion sur les obstacles rencontrés et les besoins d’écoute. Au fil des interventions, une idée s’est imposée : la prévention des féminicides ne peut reposer sur les seuls professionnels de santé ou de justice. Elle suppose une vigilance collective et des relais efficaces entre les différents acteurs.
En organisant cette rencontre et en formalisant son partenariat avec Minyogog, le Centre Médical Sainte Bernadette entend inscrire son action dans une prise en charge plus globale des violences basées sur le genre. L’enjeu est désormais de faire vivre cette coopération au quotidien : repérer les situations de danger, orienter les femmes vers les interlocuteurs adaptés et articuler les réponses médicales, psychologiques et juridiques.
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Yahaya Idrissou



