Le bilan dressé par le ministère des Travaux publics (Mintp) à fin juillet révèle l’écart entre les ambitions affichées en début d’année et le rythme réel d’exécution. Sur les 155 projets routiers programmés pour être livrés en 2026, seuls 30 sont achevés. Même avec la réception hypothétique de 40 chantiers supplémentaires d’ici décembre, le taux de réalisation ne dépasserait pas 45,2 %. Un résultat qui place les entreprises du BTP face à une exigence accrue de performance et de respect des délais.
Le niveau d’alerte est renforcé par les 57 projets identifiés comme présentant un risque élevé de non-achèvement. Ces opérations portent sur plus de 205 kilomètres de routes neuves, 154 kilomètres à réhabiliter, 66 kilomètres d’entretien confortatif, plus de 1 000 mètres d’ouvrages d’art et plus de 1 400 kilomètres de routes entretenues dans le cadre de conventions avec les sociétés forestières. L’enjeu dépasse ainsi le simple calendrier des travaux : il touche directement à la capacité des entreprises à honorer leurs engagements contractuels.
Le Mintp attribue ces retards à plusieurs facteurs. Mobilisation insuffisante de certaines entreprises, équipes réduites, déficit d’équipements, procédures administratives inachevées, pluviométrie et contraintes sécuritaires ralentissent l’avancement de plusieurs chantiers. À cela s’ajoute la faiblesse de l’exécution budgétaire. À fin juin, seulement 26,01 milliards de FCFA sont engagés sur les 251,04 milliards de ressources internes prévues, soit 10,36 %. Le déploiement du système ProBMIS AI constitue également une difficulté signalée par le ministère.
Sur le terrain, les écarts sont importants. Les voies alternatives à la Pénétrante Nord de Yaoundé affichent 17 % d’avancement en juillet, tandis que la boucle de la Lékié progresse lentement malgré les paiements effectués à Arab Contractors. À l’inverse, le tronçon Ndu-Nkambe de la Ring Road approche 97 % d’exécution. D’autres sections, notamment Kumbo-Ndu et Nkambe-Misaje, restent freinées par l’insécurité et une mobilisation insuffisante des moyens techniques. Les études de la route Yabassi-Nkondjock-Bafang demeurent également bloquées.
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Face à cette situation, le gouvernement entend désormais privilégier les projets les plus avancés dans les décaissements et menace de résilier les marchés confiés aux opérateurs défaillants. Pour les entreprises du BTP, le programme routier 2026 devient ainsi un véritable révélateur de capacité d’exécution. Dans un secteur où les marchés publics constituent un moteur essentiel de l’activité, la faculté à mobiliser rapidement ressources humaines, équipements et financements pourrait peser davantage dans l’attribution des futurs contrats.
Esther Grace



