Le dossier Sosucam change de dimension. Une mission du Comité stratégique de pilotage institué par la Primature s’est rendue au Kenya pour visiter les installations de Kipchimchim Group, fondé par Samwel Ngetich Kipsoi. Achevée le 19 septembre, la visite vise à apprécier ses capacités industrielles et financières.
Selon les éléments disponibles, Kipchimchim aurait transmis au gouvernement une proposition de 304 millions d’euros, soutenue par Afriland First Bank. Cette enveloppe est présentée comme destinée à la reprise et à la relance de Sosucam. Sa répartition devra encore être précisée.
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Son profil industriel soutient sa candidature. Kipchimchim exploite West Valley Sugar Company, à Sigowet, avec une capacité annoncée de 1 250 tonnes de canne broyées par jour. Son dispositif agricole couvre un potentiel de 3 500 hectares, dont 3 023 hectares seraient cultivés avec environ 6 000 agriculteurs sous-traitants.
Au Cameroun, cette candidature intervient après l’accord signé le 13 août entre Somdia et un consortium d’investisseurs camerounais pour la reprise des 82 % de Sosucam. Réunissant notamment Joseph Pagop Noupoué, Henriette Noutchougouin, William Nkontchou, Igor Djoukwé et Marcel Tchagongom, le groupement avait annoncé un programme de 210 millions d’euros, soit environ 138 milliards de FCFA, pour moderniser les installations, développer l’irrigation et relancer la production. L’opération a toutefois été suspendue à la demande des autorités, dans l’attente de l’examen du comité.
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L’enjeu industriel est considérable. Fondée en 1965, Sosucam exploite deux complexes à Mbandjock et Nkoteng, dans le Centre, sur environ 27 600 hectares. L’entreprise a enregistré des pertes de 15 milliards de FCFA en 2023, 22 milliards en 2024 et 5 milliards en 2025. Sa production est tombée à 86 893 tonnes en 2025, contre une capacité installée de 130 000 tonnes, malgré une recapitalisation de 34 milliards de FCFA en 2023.
Pour le futur repreneur, le chantier dépasse la prise de contrôle. Il faudra moderniser les usines, sécuriser l’approvisionnement en canne, renforcer l’irrigation, améliorer les rendements agricoles et restaurer la performance. Avec Kipchimchim, un nouveau scénario s’ajoute au dossier examiné par Yaoundé, plaçant le financement et l’exécution du plan industriel au cœur de la prochaine étape.
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Amélie Yandal



