Le pari est posé sur le sous-sol camerounais. Octavia Energy Cameroon SARL franchit une étape majeure avec ce contrat portant sur la recherche et l’exploitation des hydrocarbures du bloc Bolongo Exploration. Situé en zone maritime dans le bassin du Rio del Rey, le permis couvre 381,56 km². L’engagement atteint 41 millions de dollars, soit 23,3 milliards de FCFA. Cette enveloppe finance le programme de travaux sur sept ans. La première phase, étalée sur trois ans, portera sur le retraitement des données sismiques existantes et des études géologiques et géophysiques. Deux périodes optionnelles de deux ans chacune pourront suivre, avec le forage d’un puits d’exploration à chaque étape, si les résultats le justifient.
La cérémonie, présidée par Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, a réuni la République du Cameroun, Octavia Energy Cameroon, la SNH et Octavia Energy Corporation Limited. Les négociations techniques ont eu lieu les 4 et 5 août.
Pour Octavia Energy, Bolongo constitue une opération structurante dans l’amont camerounais. L’entreprise avait été retenue dans la procédure d’attribution de nouveaux blocs. Cinq concessions avaient été accordées à deux opérateurs : Bolongo à Octavia Energy et quatre autres à Murphy Oil.
Le choix du Rio del Rey repose sur une province offshore historiquement productive et sur des données sismiques réinterprétables avec des technologies récentes. Le programme privilégie ainsi une progression de la connaissance du sous-sol au forage, avant une éventuelle décision de développement.
Le projet bénéficie également d’un accompagnement bancaire local. Octavia Energy Cameroon a choisi BGFIBank Cameroun comme partenaire financier pour les opérations liées au permis. Cette implication confirme le rôle des banques dans ces projets.
L’opération s’inscrit dans la volonté du Cameroun de relancer l’exploration et de renouveler ses réserves. La campagne de licensing de la SNH avait identifié neuf blocs à promouvoir, faisant de Bolongo l’un des dossiers de cette nouvelle génération à passer au stade contractuel.
Aucune découverte n’est toutefois acquise. Les travaux préparatoires devront confirmer le potentiel du bloc avant les éventuels forages. Les 23,3 milliards de FCFA constituent donc un investissement d’exploration, avec le risque propre à toute recherche pétrolière. Pour Octavia Energy, l’enjeu sera de transformer les études et le forage en résultats tangibles ; pour le Cameroun, de convertir l’arrivée de nouveaux opérateurs en nouvelles perspectives pour son industrie des hydrocarbures.
Amelie Yandal



