La rencontre entre les autorités tchadiennes et les représentants de Hyundai Corporation et Kia Corporation marque une étape importante dans la volonté du Tchad de développer son secteur industriel. Sous la houlette du ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, les discussions ont porté sur la faisabilité du projet, les perspectives d’investissement et l’organisation d’une unité de montage automobile sur le sol tchadien. Ce projet, encore en phase exploratoire, pourrait transformer le pays en point d’ancrage industriel pour le groupe Hyundai Motor Group en Afrique centrale.
Hyundai et Kia, unis depuis 1999 sous le Hyundai Motor Group, produisent une large gamme de véhicules, allant des citadines et berlines aux SUV, en passant par des modèles hybrides et électriques. Kia se distingue par une forte présence sur le segment des SUV, tandis que Hyundai développe des modèles technologiques, comme la gamme IONIQ, dédiée aux véhicules électriques. Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie du groupe visant à renforcer sa présence sur le continent africain.
Le Tchad pourrait devenir la première implantation industrielle du groupe en Afrique centrale. La production locale permettrait de moderniser le parc automobile national et de réduire les coûts liés aux importations. Cette perspective s’inscrit dans une dynamique régionale : Hyundai a déjà inauguré en 2023 une usine à Amasaman, près d’Accra au Ghana, capable de produire 35 000 véhicules par an, tandis qu’une nouvelle usine est prévue en Algérie d’ici 2026-2027.
Cependant, certains défis subsistent. L’approvisionnement en énergie constitue un obstacle majeur, le Tchad reposant principalement sur des centrales thermiques. Selon la Banque mondiale, seulement 6 % de la population a accès à l’électricité, chiffre qui tombe à 2 % en zones rurales. La réussite de ce projet dépendra donc de la capacité du pays à sécuriser des solutions énergétiques fiables pour soutenir la production industrielle.
Le gouvernement tchadien et Hyundai-Kia poursuivent les discussions afin de préciser les aspects techniques, financiers et réglementaires du projet. Si elles aboutissent, ces initiatives pourraient marquer le début d’une transformation industrielle majeure au Tchad, tout en offrant une porte d’entrée au marché de l’Afrique centrale pour le groupe sud-coréen.



