(LVDE) – Selon les statistiques de l’Association des bananeraies du Cameroun (Assobacam), les exportations de bananes du Cameroun ont enregistré une dégringolade de près de 10 % en mai 2025, tirées vers le bas par la PHP et la Cbdm. Cette tendance s’inscrit dans un repli amorcé depuis trois ans.
En mai 2025, le marché de la banane dessert camerounaise a subi un coup dur. Les chiffres récemment publiés par l’Association des bananeraies du Cameroun (Assobacam) révèlent une baisse alarmante de près de 10 % des exportations, atteignant un volume total de 15 222 tonnes. Cette tendance, qui témoigne d’une dynamique de repli entamée depuis trois ans, a été principalement influencée par les performances décevantes des filiales locales de la Compagnie fruitière de Marseille, à savoir Plantations du Haut Penja (PHP) et Compagnie des bananes de Mondoni (Cbdm).
Les données montrent que PHP a exporté 9 998 tonnes en mai, enregistrant une baisse de 9,5 % sur un an glissant. De son côté, Cbdm a exporté 1 465 tonnes, soit une diminution de 14,5 %. Ce résultat cumulé de 11 463 tonnes est préoccupant, car il ne semble pas y avoir d’explication claire fournie ni par le groupe français, ni par Assobacam sur cette contre-performance, qui a directement impacté les volumes de bananes exportées par le pays.
La Compagnie fruitière de Marseille, qui domine le marché camerounais depuis une décennie, a vu sa part de marché diminuer de manière continue. En 2021, elle contrôlait 84,3 % des exportations, puis 81,3 % en 2022, avant de se stabiliser autour de 79 % en 2023 et 2024. Cette baisse est d’autant plus inquiétante alors que les deux autres producteurs de banane au Cameroun, la Cameroon Development Corporation (CDC) et Boh Plantations (BPL), ont également enregistré des baisses d’activité. La CDC, toujours en phase de réhabilitation après l’arrêt de ses activités en 2020, a exporté 3 014 tonnes en mai, en baisse par rapport aux 3 309 tonnes d’avril 2024, mais avec une hausse de 11,6 % en glissement annuel. À l’inverse, BPL n’a exporté que 745 tonnes, contre 824 tonnes l’année précédente.
Les acteurs du secteur pointent du doigt des perturbations climatiques et d’autres facteurs endogènes qui auraient ralenti les activités agricoles, comme l’indique le rapport d’activité de l’exercice 2024 de la Compagnie fruitière. La situation actuelle soulève des inquiétudes quant à l’avenir de l’industrie bananière camerounaise, qui se heurte à des défis croissants tant sur le marché local qu’international.
Cette régression des exportations de bananes dessert met en lumière des problématiques structurelles au sein de l’industrie, exacerbées par des conditions climatiques défavorables et une concurrence accrue. Alors que le Cameroun se positionne comme un acteur clé dans le secteur bananier africain, il est impératif que les parties prenantes collaborent pour identifier des solutions durables et renforcer la résilience de cette filière vitale pour l’économie nationale. Les prochains mois seront déterminants pour inverser cette tendance inquiétante et redynamiser les exportations de bananes du pays.
Anatole Bidias



