À Douala, les grands patrons ont parlé sans détour. Coût de l’énergie, accès au financement, infrastructures, logistique ou encore compétitivité des chaînes de valeur : réunis le 8 septembre autour de la Société financière internationale (IFC), les représentants du secteur privé camerounais ont exposé les contraintes qui ralentissent encore leurs activités. Une rencontre qui place les entreprises au cœur du dialogue engagé par l’institution du Groupe de la Banque mondiale.
La séquence intervenait dans le cadre de la première visite officielle au Cameroun d’Olivier Buyoya, directeur de division d’IFC pour le Nigeria et l’Afrique centrale, en fonction depuis juillet 2026. Prévue du 7 au 12 septembre, cette mission vise à approfondir les relations entre le Groupe de la Banque mondiale, les pouvoirs publics, les entreprises et les partenaires au développement. Pour IFC, l’objectif est aussi de mieux calibrer ses interventions au regard des besoins exprimés par le marché.
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Au centre des discussions figure la création du Conseil du secteur privé du Cameroun. L’instance doit offrir un cadre de dialogue régulier entre les entreprises et les institutions, avec une ambition concrète : faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain, hiérarchiser les réformes et favoriser leur traduction en mesures opérationnelles. Pour les entreprises, l’enjeu est de disposer d’un interlocuteur capable de porter les contraintes qui affectent directement leur compétitivité.
L’énergie s’est imposée comme l’un des principaux points de tension. « La fiabilité et le coût restent des contraintes majeures », a souligné Olivier Buyoya, appelant à accélérer les réformes dans la distribution et à renforcer les infrastructures énergétiques. Pour l’agro-industrie, l’initiative AgriConnect du Groupe de la Banque mondiale entend, de son côté, intervenir sur les chaînes de valeur afin d’améliorer la productivité et les revenus agricoles. Deux exemples d’un même enjeu : réduire les coûts qui pèsent sur la capacité des entreprises à investir et à créer des emplois.
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Les échanges ont également porté sur les services financiers, l’industrie manufacturière, la logistique et les infrastructures. Des secteurs qui concentrent une partie importante des besoins en capitaux du Cameroun. Le portefeuille d’engagements d’IFC pour les exercices 2026 et 2027 a ainsi été évoqué, avec l’ambition d’orienter davantage les ressources vers les activités présentant un potentiel de croissance et d’impact sur l’emploi.
L’enjeu est significatif pour IFC, institution de développement du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé dans les économies émergentes. En 2025, elle a engagé 71,7 milliards de dollars en faveur d’entreprises privées et d’institutions financières dans les pays en développement. Au Cameroun, la nouvelle approche consiste désormais à mieux rapprocher ces capacités de financement des besoins exprimés par les entreprises. Pour les capitaines d’industrie réunis à Douala, le message est clair : l’accès au capital ne suffira pas si les contraintes structurelles qui renchérissent le coût de production ne sont pas levées.
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Fabrice Tatisson



