Pendant des années, le quai du Terminal à bois de Douala-Bonabéri a illustré les limites d’une exploitation conduite sous une simple autorisation administrative, sans véritable cahier des charges. Progressivement dégradée, l’infrastructure avait fini par devenir un facteur de congestion, au point d’alimenter les engorgements observés entre 2014 et 2015. Dix ans après le lancement des réformes portuaires, le Port autonome de Douala (PAD) présente un tout autre visage.
La normalisation engagée par la direction générale s’est traduite par une étape décisive : la signature, en novembre 2022, d’un contrat de concession avec Terminal Bois du Port de Douala (TBPD). Au-delà du changement de gouvernance, cette convention introduit un cahier des charges exigeant et renforce le contrôle de l’Autorité portuaire sur l’exploitation de cette plateforme stratégique.
Dans le même temps, le PAD n’a pas attendu l’entrée en vigueur de cette concession pour investir. Avec l’appui du gouvernement et de son conseil d’administration, l’entreprise publique a mobilisé près de 9 milliards de FCFA sur fonds propres afin de reconstruire entièrement le quai, confié à l’entreprise NEGRI. Réceptionné en mars 2023, l’ouvrage offre désormais 228 mètres de longueur pour 24 mètres de largeur, contre une infrastructure auparavant limitée à la seule activité bois.
La transformation dépasse la simple réhabilitation. Le Terminal à bois dispose aujourd’hui d’un quai polyvalent capable d’accueillir simultanément plusieurs catégories de navires. Cette évolution améliore la fluidité des opérations portuaires, optimise l’utilisation des espaces et renforce les capacités logistiques du complexe portuaire de Douala-Bonabéri.
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Pour le PAD, ce chantier symbolise l’esprit des réformes engagées depuis une décennie : moderniser les infrastructures, restaurer les standards internationaux d’exploitation et accompagner la montée en puissance des exportations camerounaises. Pourvoyeur de devises, le Terminal à bois s’impose désormais comme l’un des maillons essentiels de l’ambition du Port autonome de Douala de consolider son statut de hub maritime et logistique en Afrique centrale.
Fabrice Tatisson




