À Douala, l’opération prend une dimension stratégique. Trois transformateurs de 60 MVA sont destinés au poste de Logbaba, tandis qu’un équipement de 50 MVA doit renforcer Kribi, un autre de même capacité Bekoko. Un septième transformateur de 50 MVA est conservé comme réserve stratégique. Le dispositif comprend aussi un transformateur de 75 MVA destiné à Prometal, dont le raccordement au réseau de transport accompagne la montée en puissance industrielle.
Pour la SONATREL, l’enjeu dépasse l’acquisition de matériels. Les transformateurs permettent d’adapter les niveaux de tension, de répartir les charges et de disposer de marges supplémentaires lorsque la demande augmente. À Logbaba, l’équipement de réserve de 50 MVA participe à cette sécurisation. Les documents techniques de la société indiquent des niveaux de tension de 225/90/15 kV pour les transformateurs du poste.
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Le cas de Prometal est révélateur : après l’incendie d’un transformateur de 50 MVA à Logbaba en septembre 2022, qui avait privé plusieurs industriels d’électricité pendant plus de vingt jours, le groupe a choisi de se raccorder directement au réseau haute tension de la SONATREL. Son dispositif atteint 75 MVA, illustrant la montée des besoins des grands consommateurs industriels.
En 2024, la SONATREL a attribué des marchés portant sur sept transformateurs triphasés destinés notamment à Bonabéri, Makepe, Koumassi et Bassa. À Ahala, un marché de plus de 5,4 milliards de FCFA porte également sur le renforcement de la transformation 225/90/15 kV. D’autres opérations concernent les postes de Bekoko, Deido et Kribi, avec des équipements de 50 MVA.
La stratégie vise à donner au réseau davantage de capacité d’absorption et à limiter les contraintes sur les infrastructures existantes. Les données publiques de la SONATREL font état d’un taux de disponibilité du réseau compris entre 95 % et 98 %. À Douala, le poste de Nylon, annoncé avec une capacité installée de 100 MVA, doit contribuer à mieux répartir les flux, avec une exploitation maîtrisée autour d’un seuil de charge de 80 MW.
Au-delà de Douala, ces renforcements répondent à une équation devenue centrale pour le Cameroun : accompagner l’urbanisation et l’industrialisation sans que les limites du transport électrique ne freinent les nouveaux investissements. L’objectif est de rapprocher les capacités du réseau des besoins des ménages, des infrastructures et surtout des industries, dont certaines appellent désormais plusieurs mégawatts. Pour la SONATREL, la sécurisation des postes et les capacités de réserve constituent ainsi un préalable à la croissance de la demande électrique.
Esther Grace



