La numérisation de l’administration économique franchit une nouvelle étape au Tchad. Le 21 juillet 2026, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) ont signé, à N’Djamena, deux protocoles d’accord destinés à interconnecter leurs systèmes d’information. Cette initiative traduit la volonté des autorités de renforcer la circulation des données entre les principales administrations financières afin d’améliorer le contrôle des flux économiques, la mobilisation des recettes publiques et la qualité de la décision publique.
Concrètement, ces accords instaurent un cadre d’échange sécurisé de données entre la banque centrale et les administrations fiscale et douanière. L’objectif est de permettre un accès plus rapide à des informations fiables, de limiter les cloisonnements administratifs et de renforcer la coordination entre les institutions chargées du suivi des opérations économiques et financières. Pour les signataires, l’interconnexion des bases de données doit également contribuer à renforcer la traçabilité des transactions, à améliorer les dispositifs de contrôle et à réduire les risques de fraude et d’évasion fiscale.
Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation numérique engagé au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Depuis plusieurs années, la BEAC multiplie les initiatives destinées à moderniser les infrastructures financières régionales, à renforcer la surveillance des flux monétaires et à améliorer la qualité des statistiques économiques. L’interconnexion des administrations nationales constitue un levier essentiel pour disposer de données plus fiables, accélérer les échanges d’informations et soutenir une gouvernance davantage fondée sur des indicateurs consolidés.
Au Tchad, où les recettes fiscales et douanières représentent une part déterminante des ressources budgétaires hors pétrole, une meilleure coordination entre les administrations peut contribuer à élargir l’assiette fiscale et à optimiser le recouvrement des recettes. Selon les données de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le pays poursuit des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, améliorer la transparence budgétaire et moderniser les services fiscaux dans un contexte marqué par la diversification de l’économie et les exigences des programmes de réformes économiques.
Au-delà de leur portée technique, ces protocoles traduisent une évolution de la gouvernance publique vers une administration davantage intégrée et pilotée par la donnée. En facilitant les échanges d’informations entre la banque centrale, les services fiscaux et les douanes, les autorités entendent renforcer l’efficacité des politiques publiques, améliorer le climat des affaires et offrir aux investisseurs un environnement institutionnel plus transparent et plus prévisible. Le slogan retenu lors de la cérémonie – « Des données partagées, des décisions éclairées, un avenir prospère » – résume cette ambition d’une gouvernance économique fondée sur la qualité de l’information et la coopération entre les institutions.
Sorelle Ninguem



