Les recettes de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) résistent au ralentissement observé sur le marché intérieur. Au premier trimestre 2026, l’État du Cameroun a mobilisé 316,8 milliards de FCFA au titre de la TVA, contre 316,1 milliards à la même période en 2025, soit une progression de 700 millions de FCFA. Cette stabilité des recettes, obtenue dans un contexte économique marqué par des ajustements budgétaires et fiscaux, s’explique principalement par les bonnes performances de la TVA perçue sur les importations, qui ont compensé le recul enregistré sur les opérations réalisées à l’intérieur du pays.
La principale contribution provient de la TVA intérieure, qui demeure la première source individuelle de recettes de la Direction générale des impôts (DGI). Entre janvier et mars 2026, cette administration a collecté 197,7 milliards de FCFA. Si ce montant représente près de 96 % de l’objectif trimestriel fixé à 205,8 milliards de FCFA, il traduit néanmoins un écart limité de 8,2 milliards de FCFA par rapport aux prévisions officielles. Il convient toutefois de souligner que les objectifs trimestriels tiennent compte de la saisonnalité des déclarations fiscales, des calendriers de paiement ainsi que des régularisations intervenant au cours de l’année.
Dans le même temps, la TVA à l’importation confirme sa dynamique. Les recettes collectées par l’administration des douanes ont atteint 119,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre 112,6 milliards un an auparavant, soit une hausse de 6,5 milliards de FCFA (+5,8 %). Cette évolution reflète la bonne tenue des importations taxables et souligne le rôle croissant des échanges extérieurs dans la mobilisation des recettes fiscales. Grâce à cette progression, la baisse observée sur la TVA intérieure a été intégralement compensée, préservant ainsi le rendement global de cet impôt stratégique.
Au Cameroun, la TVA constitue l’un des principaux piliers du système fiscal. Appliquée au taux général de 19,25 %, elle est acquittée par le consommateur final après avoir été collectée par les entreprises, qui déduisent la taxe payée sur leurs achats avant d’en reverser le solde à l’administration fiscale. Certains biens, services ou investissements bénéficient toutefois d’exonérations ou de régimes spécifiques destinés à soutenir des secteurs jugés prioritaires ou à limiter l’impact de la fiscalité sur les produits essentiels. Pour l’exercice 2026, la loi de finances fixe un objectif annuel de 1 282,1 milliards de FCFA de recettes de TVA intérieure.
Le léger repli de la TVA intérieure ne traduit pas nécessairement une baisse de la consommation nationale. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution, notamment des décalages dans les déclarations et paiements, le remboursement de crédits de TVA, l’octroi d’exonérations fiscales ou encore des difficultés ponctuelles de recouvrement. Le Document de programmation économique et budgétaire ne permet toutefois pas d’isoler précisément le poids de chacun de ces éléments. Si la stabilité des recettes globales constitue un signal rassurant pour les finances publiques, la diminution de 2,9 % de la TVA intérieure sur un an demeure un indicateur que l’administration fiscale suivra avec attention au cours des prochains trimestres.
Tressy Chouente



