AlikoAliko Dangote president and chief executive officer of Dangote-Group.
La raffinerie Dangote accélère son changement d’échelle. Après avoir mobilisé 2,5 milliards de dollars à travers un placement privé largement sursouscrit, Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE prépare désormais son introduction en Bourse, une opération qui pourrait entrer dans l’histoire des marchés financiers africains. Selon Bloomberg, cette étape devrait permettre au complexe industriel de Lagos d’atteindre une valorisation proche de 40 milliards de dollars et de renforcer son statut d’actif stratégique pour le Nigeria et l’ensemble du continent.
L’opération, initialement prévue autour de 2 milliards de dollars, a été portée à 2,5 milliards de dollars face à l’intérêt manifesté par les investisseurs. Les demandes de souscription auraient atteint près de 4 milliards de dollars, principalement auprès d’investisseurs institutionnels africains. Cette forte mobilisation confirme l’attractivité de la raffinerie et la confiance des marchés dans le modèle industriel développé par Aliko Dangote, l’un des principaux entrepreneurs africains.
Cette ouverture partielle du capital porte sur environ 6 % de Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals FZE. Elle constitue une première étape avant une introduction en Bourse attendue sur le marché nigérian dès août 2026. Cette opération pourrait permettre au groupe de lever entre 1,5 et 2 milliards de dollars supplémentaires et devenir la plus grande IPO jamais enregistrée sur une place financière africaine. Au-delà de la mobilisation de capitaux, cette stratégie traduit la volonté du groupe Dangote d’associer davantage les investisseurs au développement de ses grands projets industriels.
Les fonds mobilisés doivent accompagner une nouvelle phase d’expansion de la raffinerie de Lagos. Entré progressivement en production depuis 2024, le complexe dispose d’une capacité de raffinage pouvant atteindre 650 000 barils par jour et vise une montée en puissance vers 700 000 barils par jour avant une nouvelle extension annoncée à 1,4 million de barils par jour à l’horizon 2028. Une telle capacité placerait l’infrastructure parmi les plus grands complexes de raffinage au monde et renforcerait la position du Nigeria dans la transformation locale des hydrocarbures.
Cette opération financière intervient quelques semaines après une émission obligataire de 750 millions de dollars réalisée par la société afin de refinancer une partie des investissements engagés dans la construction et le développement de la raffinerie. À travers cette combinaison entre dette, ouverture du capital et recours aux marchés financiers, le groupe Dangote poursuit une stratégie visant à consolider la structure financière de son projet phare tout en préparant son expansion internationale.
Au-delà de la performance financière, l’entrée en Bourse de Dangote Refinery représente un enjeu économique majeur pour le Nigeria. Premier producteur africain de pétrole, le pays reste historiquement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés pour satisfaire sa consommation intérieure. La montée en puissance de cette raffinerie doit permettre de réduire cette dépendance, de créer davantage de valeur localement et de positionner le Nigeria comme un fournisseur régional de carburants raffinés.
Avec cette opération, Aliko Dangote ambitionne de faire de sa raffinerie bien plus qu’un simple outil industriel : un véritable champion africain capable d’attirer les capitaux internationaux, de soutenir l’intégration énergétique du continent et de démontrer la capacité des entreprises africaines à accéder aux marchés financiers mondiaux. Si elle se concrétise, cette introduction en Bourse marquera un tournant dans l’histoire économique africaine.
Sorelle Ninguem



