Dans la capitale économique camerounaise, Douala a accueilli un rendez-vous devenu structurant pour l’écosystème entrepreneurial féminin. Organisée par le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA), la rencontre a rassemblé environ 300 participantes issues de divers secteurs productifs, confirmant la montée en puissance du rôle économique des femmes dans la transformation des économies africaines.
Au cœur des échanges, le thème retenu — « Promouvoir les activités des femmes entrepreneures dans l’industrie culturelle et créative et renforcer leur présence dans le commerce international des services dans le cadre de la ZLECAf » — a servi de cadre à une réflexion stratégique sur l’accès aux marchés continentaux. L’enjeu est de taille : les services représentent près des deux tiers du PIB mondial, et constituent un gisement majeur de croissance pour les économies africaines encore en structuration.
Les participantes ont été sensibilisées aux opportunités offertes par plusieurs segments clés, notamment les transports, le tourisme, les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services financiers et les services aux entreprises. Ces secteurs sont considérés comme des piliers de la compétitivité dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ambitionne de stimuler les échanges intra-africains encore limités.
Une attention particulière a été accordée aux industries culturelles et créatives, identifiées comme un levier d’exportation à forte valeur ajoutée. Mode, textile, artisanat, coiffure, cinéma, audiovisuel, gastronomie ou encore création numérique figurent parmi les segments à fort potentiel. Selon plusieurs estimations du secteur culturel africain, ce marché pourrait générer plusieurs milliards de dollars de revenus annuels si les chaînes de valeur sont structurées et mieux intégrées aux circuits commerciaux formels.
Au-delà des panels et sessions techniques, l’événement a mis en avant une approche plus immersive de l’entrepreneuriat féminin. Défilés de mode, démonstrations culturelles, expositions et foire gastronomique ont permis de valoriser le savoir-faire local et de faciliter les mises en relation d’affaires. Cette dimension opérationnelle constitue l’un des axes majeurs du programme, orienté vers la transformation des compétences en opportunités économiques concrètes.
Pour les organisateurs, cette initiative répond à un double impératif : renforcer l’inclusion économique des femmes et accroître leur participation aux chaînes de valeur régionales. Dans un contexte où les PME représentent plus de 90 % du tissu économique africain, mais restent sous-financées et sous-connectées aux marchés internationaux, le renforcement des capacités et du réseautage apparaît comme un levier stratégique.
La ZLECAf, en cours de déploiement, constitue à cet égard une opportunité structurante. En facilitant la circulation des biens, des services et des capitaux à l’échelle du continent, elle ouvre de nouveaux débouchés pour les entrepreneures africaines, à condition de lever les contraintes liées à la formation, au financement et à l’accès aux marchés.
En filigrane, cette rencontre de Douala illustre une évolution plus large : celle d’un entrepreneuriat féminin de plus en plus structuré, connecté et orienté vers l’export. Une dynamique qui, selon les acteurs publics, pourrait jouer un rôle déterminant dans la diversification des économies africaines et la création d’emplois durables.



